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rite ecossais rectifié

  • Jean Marc VIVENZA : ”Jean-Baptiste WILLERMOZ , la notion de Double Nature , ses implications spirituelles et initiatiques “

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  • Jean Marc VIVENZA à MARSEILLE !

    Le 18 mars 2016  Jean Marc VIVENZA nous fera l'honneur de partager avec nous sur le thème suivant :

    " Martinez de PASQUALLY et Jean Baptiste WILLERMOZ ,histoire d'un lien initiatique à l'origine du Rite Écossais Rectifié"

     

    Les places seront limitées... 

    RÉSERVATION AVANT LE 01 MARS 2016

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    Vous pouvez d'ores et déjà réserver vos places (buffet + conférence) en envoyant un chèque de 15€ à l'ordre du CERWJB à l'adresse suivante :

     

    Marie Chantal BOMPART 136 avenue du 8 mai 1945 13240 SEPTEMES LES VALLONS

     

    La conférence aura lieu à l"Auberge de la Guérine à CALAS 13480 CABRIES

    Renseignements au 06 20 76 50 27

  • CORRESPONDANCES AU PRINCE CHARLES DE HESSE-CASSEL

    Je viens vous parler d’autobiographie car Charles De Hesse Cassel a écrit, ou plutôt dicté un livre en 1816, imprimé à Copenhague en 1861 (soit une trentaine d’années après sa mort) intitulé « Les Mémoires de mon temps ».

    Dans ses mémoires, il y relate sa petite enfance, son adolescence, sa vie à la Cour du Danemark, sa carrière militaire, ses rencontres etc…

    Nous savons qu’il est né en 1744 en Allemagne à CASSEL, prince de Hesse. Il est d’une famille princière allemande. Son père, Frédéric, Province de Hesse, se convertit en 1747 à la foi catholique, ce qui éloigne de lui son épouse Marie, fille de Georges II, Roi de Grande-Bretagne, demeurée elle protestante. Charles et ses frères sont éloignés de leur père, puis élevés par leur tante maternelle, Louise, Reine du Danemark, mais elle meurt peu après en 1751. Charles passe donc son enfance et son adolescence à la cour du Roi du Danemark, sous le règne de Frédéric V, puis Frédéric VI, puis son fils Christian VII ou Chrétien VII dont il épousa une des filles.

     

    1. CHAPITRE « La vie en ce temps là »

    Il fut élevé avec ses deux frère à « l’anglaise » on leur donna un gouverneur et un informateur tous les deux Suisses ; tous deux très éloignés dans leurs sentiments des principes d’alors, à savoir le pédantisme, la raideur de la flatterie, les principes d’orgueil très communs dans ces temps là à la cour et à la noblesse allemande. Leur gouverneur, qui s’appelait SEVERY, leur disait souvent quand il entendait des idées vaniteuses :  « Ne vous imaginez rien de ce que vous êtes des Princes, sachez que vous êtes faits de la même boue que tous les autres et que ce n’est que le mérite qui fait les hommes ».

    Charles ajoute : « Personne n’a été plus convaincu de cette vérité que moi ». Les étiquettes, les vanités de rang de la naissance, ont été toujours pour moi un objet de ridicule. Dès mon enfance je mettais ma confiance en Dieu ; je regardais tous les hommes comme égaux à ses yeux, hors mis par leur attachement à lui et à son devoir. C’est le principe sur lequel mon caractère s’est basé sans le savoir. »

    Aussi, il prit pour devise quand il reçut l’Ordre de l’Eléphant à 21 ans « Omnia cum Deo » (tout pour Dieu ou tout avec Dieu). L’ordre de l’Eléphant est un ordre de Chevalerie Danois créé par Christian I en 1462 ; Il fut élevé à Copenhague dans un pays alors neutre et tranquille. Il y vit une cour respectée, décente, sans intrigues, sans luxe superflu, objet de la vénération des sujets et de l’estime des cours étrangères.

    La Norvège de l’époque, pays voisin du Danemark, était traitée en colonie. Elle n’était pas connue car les danois ne voyageaient pas ou peu. La Suède assurait quant à elle, le repos extérieur, c'est-à-dire la paix des frontières. On vivotait, on n’avançait pas, on ne voulait pas avancer. On craignait tout changement, toute amélioration. La justice était précaire. Le paysan était serf au Danemark, pas de justice pour lui, pas de protection contre son propriétaire. Le Maître forçait le serf à se marier avec qui bon lui semblait. Ce ne fut que sous Frédéric VI que tout cela changea par l’abolition de la servitude.

    Charles cite Frédéric VI : « il vainquit tout sans une seule vivacité ; laissant toujours agir la loi seule, et ne se mettant jamais plus en avant que le moment ne l’exigeait. Peu de victoires ont été aussi mémorables que d’affranchir tranquillement le peuple malheureux, des liens les plus honteux auxquels l’homme puisse être soumis et de prouver à la nation entière que les propriétaires ne perdaient rien dans leurs avantages, même, gagnaient dans la suite par un arrangement aussi juste, aussi doux pour le Maître et les sujet, et n’employaient point l’autorité royale par des coups d’Etats mais seulement pour la justice, pour le bonheur et pour l’avantage réel de tous les sujets ».

    A ce moment là, la navigation danoise prit son essor, car avant cela, le commerce se bornait au trafic des biens terrestres. La compagnie asiatique, celle des Indes démarraient. Le commerce maritime danois fructifia en méditerranée. La France était alors considérée comme le siège du goût, des connaissances, des grandeurs humaines et où les arts étaient poussés au plus haut degré. Les fabriques françaises étaient les premières au monde. Le Danemark tirait tout de l’étranger, aussi on essaya de transplanter des fabriques de toutes sortes. Charles disait à propos du commerce qu’il encourageait à se développer « le commerce est un don de la Divinité aux Hommes. Il les rapproche, les réunit et les force à des liens d’amitié et d’intérêt. Lorsque l’on veut tout faire chez soi et exclure tout ce qui est étranger, on reste dans sa coque, on s’isole et on n’y gagne guère ».

    1. CHAPITRE : « La vie militaire »

    En 1761, Elisabeth de Russie mourut et Pierre III lui succéda sur le trône et décida de conquérir le Danemark. Il y eut la mobilisation de l’armée danoise (moitié troupe levée, moitié milice). Charles y reçut un régiment, mais la mort de l’Empereur de Russie assassiné par ses officiers en 1762, stoppa cette guerre débutante. Vient ensuite une longue carrière militaire. En 1763, il reçoit un nouveau régiment : le régiment royal danois qu’il doit remettre en ordre. Le Roi lui donne ensuite le commandement de l’artillerie. Il devient Général-Major. Survient la mort du Roi Frédéric VI en 1766 et son fils Christian VII lui succède.  Le nouveau roi se lie d’amitié avec Charles, ce qui fait des envieux et attire une opposition décidée de la plupart des princes. Le Roi lui propose de se marier avec sa sœur cadette âgée de 16 ans qui n’est point promise. Le Roi donne son assentiment ainsi que la Reine-Mère, mais il fallut passer par le ministère où une opposition se forme, car ils croyaient voir dans cette union avec la famille royale (quoique cousin germain du Roi) une domination totale. Le mariage se déroula le 30 août 1766. A l’âge de 21 ans, le jour de son mariage, Charles est nommé Grand Maître d’Artillerie avec le rang de Général d’Infanterie. On voit ici une liaison intime avec le Roi qui peu à peu va s’estomper car Charles va perdre la tendresse et la confiance royales. Progressivement  les disputes commencent sur la religion. Pour le Roi, son désir des femmes et la sévérité de ses principes religieux, étaient en opposition continuelle avec Charles. A cette époque le Roi n’est pas encore marié et Charles est l’un de ceux qui le connait parfaitement et peut le conseiller et même le contrarier et le contredire. Le Roi se perdit bientôt dans la débauche et dans la crapule. Le Roi montrait 2 visages et de plus en plus se succédaient des crises de folie. Charles cite, en parlant du Roi :  « si je me permettais de parler métaphysique, j’attribuerais à un autre esprit en lui (le Roi) les effets très singuliers de son état (comme quelqu’un de possédé) ». Presque en même temps, Charles perd sa mère qu’il considérait comme une « Divinité », et son fils Guillaume âgé de 3 ans.

    La Reine qui avait comploté contre le Roi, part en exil avec l’aide du Roi d’Angleterre. En août 1772, Gustave iii de Suède fait la révolution en Suède et décide d’agrandir le pays en devenant Roi de Norvège. Il y envoie des émissaires pour y jeter les germes d’une rébellion. La Norvège avait été, jusque là traitée en colonie. Le peuple n’avait point d’argent et le mécontentement grondait. Charles est choisi pour le commandement en Norvège. Le 29 septembre 1772, le Prince Frédéric lui offrit au nom du Roi le commandement de la Norvège. A ce moment là on n’était plus suédois et on commençait à s’apercevoir que le Danemark pouvait bien plus aisément aider la Norvège que la Suède ne pouvait le faire. Mais il avait une autre idée : c’était de faire de la Norvège un royaume indépendant. Charles devint Feld-Maréchal pour service rendu à la Norvège et conserva le commandement général de ce royaume pendant 41 ans, jusqu’au moment où le royaume fut perdu.

    Jean Baptiste Wuillermoz lui donnait le titre de Vice-Roi de Norvège. Plus tard, il prend part à la guerre Prusse-Bohême ou Prusse-Autriche, car on lui demande de faire campagne comme volontaire dans l’armée prussienne. Pendant cette campagne, il se liera avec le Prince Frédéric de Prusse.

     

    1. CHAPITRE « La vie maçonnique »

    Etant parent ou allié de la plupart des monarques et potentats du nord de l’Europe, Charles se passionna dès son adolescence comme ses frères et cousins, pour l’Esotérisme et les sociétés secrètes qui foisonnaient en Scandinavie et dans le Saint Empire et qu’on englobe souvent dans la dénomination « Ecole du Nord ». Il cite « Au printemps de l’année 1774, je fus reçu maçon dans la loge de Slesvig (prolongement de la plaine allemande entre la mer du Nord et la mer Baltique, tantôt région danoise, tantôt allemande). Ce pas a eu sur le reste de ma vie une grande influence qu’on ne saurait le croire, en partie par les liaisons intimes que je fis dans cette société, en partie par les connaissances que j’y acquis ».

    Une anecdote pour sa réception : on vient le chercher. Il y a un voyage en barque où ils se perdent quelques moments. Ensuite ils se prennent dans des filets de pêche plusieurs fois. Ensuite il faut traverser un marais. Ils ont failli ne pas arriver à l’heure. Charles cite « Si je voulais tirer un horoscope, ce voyage dénoterait assez exactement la route tortueuse et difficile que je fus obligé de passer dans la maçonnerie, ainsi que l’état où je la trouvais alors ».

    L’année d’après, il se lien d’amitié avec le Duc Ferdinand De Brunswick jusqu’à la mort de celui-ci (grand Supérieur de l’Ordre). Ensuite rencontre avec le fameux comte de St Germain. Charles accueillit le comte chez lui de 1778 à 1784. Il dit « J’estimais le comte et les prisais de toutes mes forces et de tout mon cœur, prenant journellement de lui 3 heures d’enseignement. Il me parla de grandes choses qu’il voulait faire pour le bien de l’humanité. Il parlait beaucoup de l’embellissement des couleurs » (Charles avait des fabriques de teintures et de textiles qui ne coûtaient presque rien), de l’amélioration des métaux, ajoutant qu’il fallait absolument ne point faire de l’Or si même on savait et resta absolument fidèle à ce principe. Il n’y a  presque rien dans la nature qu’il ne sut améliorer et utiliser. Il me confia presque toutes les connaissances de la nature, mais seulement leur entrée, me faisant alors chercher moi-même par des épreuves, les moyens de réussir et se réjouissant de mes progrès.

     

    Cela se rapporte aux métaux et aux pierres. St Germain fut protégé par les derniers Médicis. Cette maison possédait les plus hautes sciences et il n’y est pas étonnant qu’il y puisât les premières connaissances. Il connaissait les herbes, les plantes à fond et avait inventé les médecines qui prolongeaient sa vie et sa santé. Mais la médecine officielle se déchaîna contre sa science après sa mort. Selon Charles, il mourut à 92 ou 93 ans. Il dit de lui « c’était peut-être un des plus grands philosophes qui ait existé. »

    Ami de l’humanité, ne voulant de l’argent que pour le donner aux pauvres, ami aussi des animaux, son cœur ne s’occupait que du bonheur d’autrui. Il croyait rendre le monde heureux en lui procurant de nouvelles jouissances, de plus belles étoffes, de plus belles couleurs, de bien meilleurs marchés ; car pour lui ces superbes couleurs ne coûtaient presque rien.

     

    « L’année 1782 fut fixée pour la convention maçonnique de Wilhensbad. Le Duc Ferdinand de Brunswick, Grand Supérieur de l’Ordre, m’en avait parlé 2 ans avant et la désirait avec empressement. A cette époque, j’étais Grand Maître Provincial de 2 provinces allemandes et de l’Italie que je cédais pour en faire une province séparée. Je ne puis me permettre de parler des ouvrages qui s’y firent. Suffit qu’on améliora infiniment dans cet ordre et qu’une tendance religieuse remplaça les buts précédents. Dans ce même temps, une nouvelle société s’était formée en Allemagne, surtout en Bavière, qui se nommait « les illuminés » système inique (injuste) qui avait beaucoup de rapports dans son principe au Jésuitisme et surtout au Jacobinisme (doctrine intransigeante et centraliste). Le commencement était le bien, la fin était le renversement de l’Eglise et des trônes. Les persécutions commençaient en Bavière et le Jacobinisme ne pût prendre racine en Allemagne comme il le fit en France, où j’appris déjà à Wilhensbad qu’on préméditait une révolution ! Le Duc Ferdinand me pria de prendre la direction de la convention qui traînait en longueur et d’en faire la clôture. »

     

    A Wilhensbad, Charles fait la connaissance du Grand Duc Paul de Russie qui sera assassiné quelques temps après. Charles mourut en 1836 au Danemark.

    En résumé, je dirai qu’il fut un grand témoin et acteur de son temps, un grand voyageur, un grand diplomate, un conseiller politique fidèle en amitiés dont on venait demander conseil. Il a connu les grands d’Europe, le pouvoir, les grandes fêtes, les luttes de pouvoir, la stratégie des alliances, les campagnes militaires, les luttes intestines ; mais pour lui, le plus important était ailleurs car il dira en parlant de Dieu « C’est lui qui m’a guidé, soutenu et mené dans ma longue carrière et grâce à lui, malgré toutes mes imperfections, il n’a jamais permis que ma foi et ma confiance en lui se ralentissent un moment. »

     Lettre de WILLERMOZ au Prince.pdf 

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