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RITE ECOSSAIS RECTIFIE

  • LE MARTINISME ET LES DIFFERENTS ORDRES MARTINISTES DU DEBUT DU XIXème A NOS JOURS

    A – LE MARTINISME

     

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    Lors de la dernière réunion, je vous avais proposé un survol de la vie, l’œuvre et la pensée de Louis-Claude de Saint Martin. Survol audacieux car Saint Martin ne saurait se survoler : il se lit, se décortique, s’étudie et se médite pour que l’on puisse, si on le désire, s’approprier sa pensée et faire nôtre la voie de l’interne qu’il propose.

    Aujourd’hui, ce qui va nous occuper est le Martinisme et les différents Ordres Martinistes du début du XIXème à nos jours.

     

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    Il semblerait que le mot « Martinisme » ait vu le jour dans les dernières années du 18ème pour désigner le courant illuministe des adeptes de Martinès de Pasqually, Saint Martin et Willermoz, qui se regroupaient sous trois formes différentes mais partageant les mêmes idées et le même but :

    -       - Les Coëns, Martinésistes

    -       - Le cercle des Intimes de Saint Martin

    -       - Les franc-maçons suivant Willermoz

    Leur but commun : œuvrer à la réhabilitation de l’homme.

    De nos jours, le terme « Martinisme » recouvre des réalités à la fois distinctes et multiples dont la plus traditionnelle est celle qui place le Martinisme sous les auspices posthumes de Saint Martin, autrement nommé le Philosophe Inconnu. Le mot « posthume » est pertinent puisqu’il n’existe aucune filiation directe avérée provenant de Saint Martin qui n’a pas fait école et qui n’a, à ma connaissance, rédigé aucun rituel pouvant encadrer un quelconque ordre Saint Martinien.

    Je dois cependant vous signaler qu’il est fait mention dans certains ouvrages d’une filiation Russe qui remonterait, nonPortrait_of_Nikolai_Novikov.jpg pas à Papus, mais à Saint Martin lui-même, via le Prince Galitzine ou Nicolas Novikov sans qu’il y ait de preuves historiques pour l’affirmer ni d’ailleurs pour aller contre.

    Avant de remonter la filière du Martinisme, il est bon à mon sens, de dire en quoi il consiste et qui peut légitimement se dire Martiniste.

    Au sens large, le Martinisme inclut l’Ordre des Chevaliers Maçons Elus coëns de l’Univers qui a mis en œuvre la doctrine de Martinès de Pasqually.

    Il inclut aussi le Régime Ecossais Rectifié puisque Willermoz, disciple également de Martines de Pasqually, après avoir réformé la Stricte Observance Templière, introduisit au sein du R.E.R. les éléments majeurs de la doctrine de Martinès.

    Au sens restreint, le Martinisme ne devrait indiquer que la pensée Saint Martinienne telle que l’expose le Philosophe Inconnu dans ses ouvrages.

    Le Martinisme inclut enfin la Société des Indépendants, l’Ordre Martiniste fondé par Papus et tous les ordres qui en découlent et que nous mentionnerons plus loin.

    Qu’est ce donc que le Martinisme ?

    D’une manière large, on peut dire que c’est un processus d’évolution spirituelle qui se déroule en quatre étapes et qui concerne les quatre hommes :

    -     L’homme du torrenthomme ange.jpg

    -     L’Homme de désir

    -     Le nouvel homme

    -     L’homme esprit capable d’exercer son ministère

     

     

    Il s’agit d’une voie de transformation intérieure qui doit conduire l’homme du torrent à devenir un homme de désir qui devra faire mourir en lui le vieil homme pour donner vie au nouvel homme afin que celui-ci, dans une ultime transformation parvienne à exercer le ministère de l’homme esprit. L’homme du torrent est le profane qui se laisse entraîner et submerger par les désirs ordinaires, qui est ballotté par les flots impétueux de la matière et de l’illusion. Il cherche à s’approprier le monde et à être le centre de tout. L’homme de désir, est celui qui prend conscience qu’il désire Dieu mais aussi qui comprends et admet qu’il est désiré par Dieu. Il s’agit bien d’un double désir : l’homme désirant Dieu et Dieu désirant l’homme. Il place alors Dieu au centre de tout et spécialement en son propre centre. Le Nouvel homme et l’homme esprit, est l’homme régénéré ou en voie de régénération, car fort peu d’entre nous atteignent cet état de régénération ici-bas.

    A chaque étape, bien évidemment, correspond un degré spécifique, de celui d’associé à celui de Supérieur Inconnu, et la suite.

    On peut dire aussi que le Martinisme est une philosophie de l’Unité car il englobe tout en postulant :

    -     La présence de Dieu dans l’homme et dans l’Univers

    -     La présence de l’homme en Dieu et daamadou.jpgns l’Univers

    -     La présence de l’Univers en Dieu et en l’homme

    Le Martinisme est aussi une théosophie parce qu’il unit le désir de l’homme et la Grâce de Dieu sans lien de causalité car, si la Grâce de Dieu suscite le désir de l’homme, le désir de l’homme appelle la Grâce de Dieu, et ce, de façon simultanée.

    Qu’est ce qu’une théosophie ? Robert Amadou nous dit « la théosophie est un illuminisme, car la Lumière, même parfois physique, est le symbole privilégié de la Sagesse et, la quête sophianique est celle de l’illumination. Et c’est une quête en profondeur, de l’intérieur par l’intérieur (l’interne de Saint Martin), donc un ésotérisme. » C’est par la sagesse retrouvée que nous ferons naitre en nous le nouvel homme comme nous le rappelle encore Amadou : « la médecine vraie, la Royauté vraie, la poésie vraie, le sacerdoce vrai, ne peuvent être exercés que par l’homme régénéré, autrement dit, le nouvel homme. La théosophie Saint Martinienne est une mystagogie de la génération spirituelle. »

    La pratique du Martinisme est une sophiurgie qui est à la fois l’action de la Sagesse Divine dans l’homme et l’action de l’homme envers la Sagesse de Dieu. Le Martiniste désire la Sagesse de Dieu et l’attire en lui en mettant ses pensées, ses paroles et ses actes en conformité avec la Sagesse.

    Mais on peut dire aussi que, s’il est fidèle à sa vocation, le Martinisme est aussi une école de prière. C’est aussi un authentique séminaire où sont progressivement découverts par l’initié les « objets » du culte intérieur, les instruments sacrés qu’il aura à utiliser pour se présenter devant la face de Dieu nous dit Jean Marc Vivenza, et il continue en nous disant « c’est une voie cardiaque d’adoration, s’appuyant et se fondant sur la pratique de la contemplation et de la louange, le Martinisme est donc en quelque sorte, une Arche où, pieusement, est conservée la pratique de la célébration de l’alliance du Créateur avec l’homme, mais avec un homme sanctifié, régénéré, afin que puisse s’accomplir la principale religion, celle qui consiste à relier et réunir notre esprit et notre cœur à Dieu, pour que l’homme soit rétabli dans les prérogatives de sa première origine, accomplissant enfin son indispensable réconciliation ».

    Le martinisme enfin est strictement chrétien. Il semblerait donc, pour qui a lu Saint Martin, que pour être Martiniste il faut être chrétien. Il faut donc :

     

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    • -      Admettre Jésus comme le fils de Dieu fait homme pour accomplir à notre place la Loi Mosaïque, vrai homme et vrai Dieu.
    • -     Reconnaître la Sainte Trinité
    • -     Croire à la résurrection du Christ dans son corps de gloire et à son immaculée conception
    • -     Ne pas croire en la résurrection de la chair mais à la résurrection dans un corps de gloire semblable à celui que nous avions avant la chute.
    • -     Enfin, et ce n’est pas le plus facile, mettre en pratique dans nos vies quotidiennes l’enseignement du Christ donné dans les évangiles.

     

    B – LES ORDRES

    1 – Les coëns

    Nous avons vu que le Martinisme inclus, les coëns, le RER et leslogo elus co.jpg Martinistes. Qu’est devenu l’Ordre des Chevaliers Maçons élus Coëns de l’Univers ? A la mort de Martinès c’est Caignet de Lestère qui occupe, selon les vœux de Martinès, la charge de Grand Souverain de l’Ordre. Mais il meurt lui-même le 19 décembre 1779 (ou 1778). C’est Sébastien de Las Casas qui prendra sa suite mais il conseille en 1780 aux chapitres Coëns qui souhaitaient plus de fermeté de sa part, de se dissoudre purement et simplement. Quelques uns cependant continuent d’opérer, tel le chapitre Toulousain encouragé par d’Hauterive.

    Nous avons vu la dernière fois que, sans renier les Coëns, Saint Martin privilégiait la pratique de l’interne et Willermoz, celle de la Franc-Maçonnerie. Alors quid des Coëns ?

    En 1822, dans une lettre du Baron de Turkheim, datée du 21-31 mars, Willermoz déclare : « de tous les Réaux-Croix que j’ai connus particulièrement, il n’en reste point de vivants ». Il faut donc supposer que les survivants étaient pour le moins rares et sans communication entre eux. Ceci permet de penser que l’ordre avait disparu sans que personne ne s’attachât à le réveiller.

    A la fin du 19ème très vaguement, puis au 20ème plus précisément, sont nées des sociétés qui revendiquèrent, soit une filiation coën directe, soit une filiation indirecte. Selon Robert Amadou, il semble que l’Ordre des élus coëns ait disparu avant la révolution et sa survivance du début du 19ème est douteuse.

    Selon Robert Ambelain, Sébastien de Las Cases ne jugea pas à propos de renouer les relations interrompues entre les divers Orients coëns et de refaire l’union et l’unité du rite. Petit à petit, les temples se mirent en sommeil mais les élus Coëns continuèrent à propager la doctrine de l’Ordre, soit individuellement et de bouche à oreille, soit collectivement en des groupes secrets composés de 9 membres et qui portaient le nom d’Aréopages cabalistiques. Et en 1806, les fameuses opérations communes avaient encore lieu aux équinoxes.

    L’enseignement de Martinès fut donc transmis dans le courant du 19ème, d’une part, par les Elus Coëns dont un des derniers représentants directs fut le très puissant maître Destigny mort en 1868, et d’autre part, par quelques affiliés au Rite Ecossais Rectifié, dénommés encore Chevaliers Bienfaisants de la Cité Sainte. Ces affiliés étaient détenteurs des instructions secrètes réservées aux Réaux-Croix que leur avait transmises Jean Baptiste Willermoz. Là s’arrête la filiation directe des Chevaliers maçons élus Coëns de l’univers et va naitre, dès lors, le mouvement martiniste animé par les disciples initiés par Saint Martin et ceux de Willermoz.

    Va resurgir une résurgence que l’on pourrait qualifier de néo-Coën :

    -   papus.jpg  Papus le premier reparle des élus Coëns comme d’un ordre vivant.

    -     Bricaud, revendique quand il devient Grand Maître de l’Ordre Martiniste, la succession coën en ligne directe et pour l’Ordre Martiniste, l’héritage martinésiste en même temps que celui de Saint Martin.

    -     Robert Ambelain, quant à lui, reconstitue l’Ordre des Elus Coëns en 1942 sous le patronnage de 2 CBCS, Georges Bogé de Lagrèze et de Camille Savoire.

    -     En 1967, Ambelain démissionne et laisse place à Ivan Mosca qui reprend pour son ordre en même temps que l’indépendance son titre primitif « Ordre des chevaliers Maçons Elus Coëns de l’univers » et se proclame « Grand Souverain de l’Ordre » mais, se posant des questions sur la légitimité du réveil de 1942, il va mettre l’ordre en sommeil.

    Alors les néo-Coëns sont ils des héritiers légitimes ?

    Robert Amadou nous dit que l’histoire nous assure que les détenteurs qualifiés pour transmettre ont existés jusque dans le premier tiers du 19ème, toutes réserves faites sur le nombre de grades que chacun avait ou n’avait pas le pouvoir de transmettre. La seule prétention contemporaine connue d’Amadou à détenir la succession Coën en ligne directe a été exprimée par Jean Bricaud mais sans dire pour autant quel aurait été son initiateur, théorie que Robert Ambelain met à mal en démontrant qu’aucun des personnages cités par Bricaud, ni Bricaud lui-même, n’a été certainement en possession de la succession Coën.

    Pour clore ce chapitre sur l’Ordre des Coëns, je sais qu’il en existe à l’heure actuelle des résurgences, mais comme j’ai fait  personnellement le choix de la voie de l’interne Saint Martinienne, et le Christ étant mort sur la croix pour notre réconciliation générale (à nous d’opérer, ou pas, notre réconciliation individuelle), je ne vois pas la nécessité qu’ont les néo-Coën de recommencer imprudemment ce que le Christ a fait si bien et si douloureusement. C’est donc par ces mots que je cesse l’exploration des différents ordres coëns très certainement existants.

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    2 – L’ordre Martiniste

    Il est bon de rappeler encore que jamais Louis-Claude de Saint Martin n’a créé un Ordre Martiniste. L’enseignement qu’il dispensa ne le fut que de bouche à oreille en tenant avec ceux et celles qu’il jugeait initiables, de multiples conférences privées. Il dispensa surtout son enseignement par ses livres, source vive ouverte à tous les hommes et les femmes de désir. Cet enseignement a, pendant le dernier quart du 18ème et presque tout le 19ème guidé des hommes et des femmes dont le nombre est généralement sous-estimé, qui connurent Saint Martin, soit en personne, soit par ses écrits, soit par ses disciples.

    Filiation Martiniste de Saint Martin à nos jours mis au point par Robert Amadou :

    Louis Claude de Saint Martin

     

    Abbé de la Noue

    Antoine Marie Hennequin

    Henri de La Touche

    Adolphe Desbarolles

    Amélie de Boisse-Mortemart

    Augustin Chaboseau

     

     

    Jean-Antoine Chaptal

     

    Henri Delaage

     

     

    Gérard Encausse

     

     

    Selon robert Amadou, il résulte de ce tableau que la filiation des Martinistes actuels initiés par Chaboseau est incontestable. Celle des Martinistes de Papus se reliant uniquement à la branche Chaptal-Delaage est entachée d’un doute car il y a un décalage de dates. Chaptal mourut en 1832 et n’a donc pas pu initier Delaage qui est né en 1825. Mais la régularité Martiniste de Papus est certaine car il avait reçu d’autres initiations, notamment celle de Chaboseau.

     

    Le docteur Gérard Encausse (1865-1916) autrement nommé Papus, pensa qu’il était nécessaire de préserver le dépôt de la doctrine Martiniste et en développer l’étude, la mise en œuvre et la diffusion. Il lui paru alors pertinent de fonder un ordre initiatique. De premières initiations individuelles eurent lieu en 1884. Peu après une loge fut fondée. Des cahiers d’instructions furent rédigés et parurent à partir de 1887. En 1891, le Suprême Conseil est constitué. Papus qui était Président de ce Suprême Conseil prit le titre de Grand Maitre. L’Ordre créé par Papus portait bien évidemment le nom d’Ordre Martiniste. Citons Papus sur sa conception et l’organisation de l’Ordre : «Il ne demande à ses membres ni cotisation ni droit d’entrée dans l’Ordre ; n’exigeant non plus aucun tribut régulier de ses loges au Suprême Conseil, le Martinisme est fidèle à son esprit et à ses origines en faisant de sa pauvreté matérielle sa première règle. Par là aussi, il a pu demander à ses membres un travail intellectuel soutenu, créer des écoles, distribuant leurs grades exclusivement à l’examen et ouvrant leurs portes à tous, à condition de justifier d’une richesse intellectuelle ou morale et renvoyant ailleurs les oisifs et les pédants qui pensaient arriver à quelque chose avec de l’argent ».

    Procédons maintenant à une chronologie récapitulative qui pour être simplifiée n’en sera malgré tout pas moins longue !

    Nous l’avons vu plus haut, Papus diligente en 1884, les premières initiations, éditions des premiers cahiers et création des premières loges en 1887-1890.

    En 1891, fondation du Suprême Conseil de l’Ordre Martiniste dont Papus s’attachera, jusqu’à sa mort, à en perfectionner l’organisation.

    Papus meurt en 1916. Détré (Tréder) lui succède mais il meurt à son tour en 1918.

    Bricaud devient Grand Maitre et affirme détenir la succession Coën dont Papus n’aurait, selon lui, jamais eu connaissance.

    Constantin Chevillon en 1934, Henri-Charles Dupont en 1944, Philippe Encausse en 1960 sont les Grands Maitres suivants.

    Philippe Encausse avait, de son côté, réveillé en 1952 l’Ordre Martiniste fondé par son père.

    En 1958, Philippe Encausse avait, avec son Ordre Martiniste, Dupont avec son Ordre désormais nommé Ordre Martiniste-Martinésiste et enfin Robert Ambelain avec son ordre des élus Coën, renommé l’Ordre Martiniste des Elus Coëns, ont constitué l’Union des Martinistes.

    Quand Philippe Encausse succéda à Dupont, il fusionna l’Ordre Martiniste et l’Ordre Martiniste-Martinésiste.

    En 1962, l’Ordre Martiniste et l’Ordre Martiniste des Elus Coëns s’unirent à leur tour pour ne plus former que l’Ordre Martiniste.

    En 1967, Ambelain démissionne en tant que Souverain Grand Commandeur de l’Ordre des Elus Coëns en faveur d’Ivan Mosca qui dès lors choisit l’indépendance et le sommeil de l’ordre.

    En 1971, Philippe Encausse démissionne à son tour au profit d’Irénée Séguret de la présidence de l’Ordre Martiniste. Il en devient président d’honneur et secrétaire général et le 1er janvier 1975, il succède à Irénée Séguret alors démissionnaire.

    Entre les deux guerres mondiales, naissance de l’Ordre Martiniste Traditionnel fondé par son premier Grand Maitre, Victor-Emile Michelet et Augustin Chaboseau qui lui succèdera après son décès en 1931.

    L’OMT fut réveillé en septembre 1945 avec toujours pour grand Maitre Augustin Chaboseau, auquel succèdera son fils Jean après la mort d’Augustin en 1946. Cet Ordre sera dissous par Jean Chaboseau un an plus tard.

    En août 1934 à Bruxelles, Augustin Chaboseau conféra le titre de Souverain Légat de l’Ordre Martiniste Traditionnel pour les USA à Spencer Lewis « Imperator » de l’Ordre Rosicrucien AMORC.

     

    Ralph Lewis, fils de Spencer fut reçu Supérieur Inconnu Initiateur dans l’OMT par Georges Bogé de Lagrèze.

    Le 13 Juillet 1959, Ralph Lewis reçut dans l’Ordre Martiniste Traditionnel, Raymond Bernard, Grand Maitre de l’AMORC pour les pays de langue française, de même que Ralph Lewis est à la fois Souverain Grand Maitre de l’OMT et Imperator de l’AMORC.

    L’Ordre Martiniste Synarchique fondé par Victor Blanchard en 1934 est présent en Grande Bretagne, au Canada, aux Etats Unis et une branche française se réveille.

    L’Ordre Martiniste rectifié fondé par Jules Boucher en 1948 n’a pas perduré.

    L’Ordre Martiniste Initiatique fut fondé en 1968 par Robert Ambelain après qu’il eut abandonné l’Ordre des Elus Coëns.

     

    Voilà pour l’historique auquel il manque, parce qu’elle ne relève d’aucun des prédécesseurs cités ci-dessus, la Société des Indépendants  a été créée le 14 octobre 2003. les fondateurs ont  souhaité créer, non pas un ordre supplémentaire, mais une société telle qu’aurait pu la souhaiter Saint Martin, à savoir, la réunion des Serviteurs Inconnus, de ces indépendants qui ont accueilli le message de l’évangile et se considèrent simplement comme de pauvres disciples du Christ Jésus, notre Divin Maitre, Réparateur et Seigneur.  telle est l’œuvre que se sont fixés les membres de cette société pensée par Saint Martin comme une fraternité du Bien, une société quasi religieuse, à savoir la société des frères silencieux et invisibles, consacrant leurs travaux à la célébration des mystères de la naissance du Verbe dans l’âme. Cercle intime des pieux serviteurs regroupés selon le vœu même du philosophe Inconnu en « société des indépendants » qui n’a « nulle espèce de ressemblance avec aucune des sociétés connues (extrait du crocodile) « cette société que je vous annonce comme étant la seule de la terre qui soit une image réelle de la Société Divine et dont je vous préviens que je suis le fondateur ».

      Et enfin, pour conclure, outre la Société des Indépendants, quelles sont les différents Ordres fonctionnant à l’heure actuelle ?

     

    ORDRE MARTINISTE DE Belgique

    L’ordre Martiniste de Belgique a été fondé en 1968 par Gustave-Lambert Brahy, écrivain et poète avec le parrainage de Philippe Encausse

     

    ORDRE MARTINISTE HERMETIQUE DE Belgique

    L’Ordre Martiniste Hermétique a une Eglise Gnostique Apostolique, un Ordre Martiniste, un Ordre des Elus Coëns, un Ordre Kabalistique de la Rose-Croix, un Ordre des CBCS

     

     

    ORDRE MATINISTE  INITIATIQUE

    Crée en Juin 1968 par Robert Ambelain, poursuivi par Gérard Kloppel puis mis en sommeil, l’Ordre Martiniste Initiatique est réveillé le 1er Juillet 2010 par Sar Glorifer (Joseph Castelli). Il s’inscrit dans la continuité de la filiation Russe : Galitzine, Moscou 1788, Petrograd 1802, Tchernigov, 1820.

     

    ORDRE MATINISTE OPERATIF

    Créé à Montréal le 20 avril 1984 par 7 dignitaires de l’Ordre Martiniste et Synarchique (victor Blanchard).

     

    L’ORDRE MARTINISTE DES PAYS BAS

    Avec le parrainage de Philippe Encausse, création en 1968 de l’Ordre Martiniste des Pays-bas, refondé en 1974, totalement indépendant en 1975. Son activité s’étend outre l’Europe à l’Afrique et l’Amérique. Il revendique une filiation directe avec Augustin Chaboseau, ainsi que Russe (Kourakine) et Allemande (Von Baader, Harthman).

     

    L’ORDRE MARTINISTE –PARIS

    L’Ordre Martiniste revendique légitimement sa filiation directe avec l’Ordre fondé par Papus.

     

     

    L’ORDRE MARTINISTE DES RITES UNIS

    Issu de la filiation Ambelain et Kloppel. Il s’inscrit dans la continuité et de la filiation Russe tout en reconnaissant l’Ordre Papusien.

     

    L’ORDRE MARTINISTE TRADITIONNEL

    L’OMT est dans la continuité de celui créé en 1931 par Chaboseau et Victor-Emile Michelet. Il s’agit donc d’un réveil ce qui fait de l’OMT le successeur direct de l’OM. Ordre certainement le plus important à l’heure actuelle par son nombre.

     

     

    L’ORDRE MARTINISTE TRADITIONNEL PRIMITIF – Espagne

    Cet ordre se crée en 2007 mais reste flou sur sa filiation.’c

     

    L’ORDRE MARTINISTE S.I.

    Grand Prieuré Martiniste-Martinéziste International – Luxembourg – Marc Jones

    S’il reconnait Gérard Encausse comme fondateur de l’Ordre Martiniste, c’est Maitre Phillipe que l’OMSI retient comme son chef spirituel.

     

    Il y en a un certain nombre d’autres que j’ai choisi de ne pas lister en raison du manque d’information qu’elles donnent sur leur filiation et leur fonctionnement.

     

     

     

    Joëlle Soulier, 17 Janvier 2014

     

    Mes sources : Saint Martin, Robert Amadou, JM Vivenza, Robert Ambelain, Sagi Nahor et Xavier Cuvelier-Roy qui m’a permis de consulter sa liste des Ordres existant aujourd’hui.

     

     

     

     

     

  • La Renaissance du Phénix à Lyon (d'apres Semper Rectificando)

    Texte sur le blog de nos amis semper rectificando

    Les principes fondamentaux ont été réaffirmés le 14 décembre 2013 à Lyon,

    afin que puisse renaître de ses cendres le Phénix,

    et soit engagée l’oeuvre de réintégration des êtres

    dans leur première propriété vertu et puissance spirituelle divine !

     

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          Lors de sa Tenue de Grande Loge Ecossaise, le samedi 14 décembre 2013 à Lyon,

    correspondant au premier anniversaire du réveil du Grand Directoire des Gaules (15 XII

    2012), le Directoire National Rectifié de France-Grand Directoire des Gaules, a ratifié

    avec le Gran Priorato Rectificado de Hispania et le Grand Prieuré Indépendant et

    Traditionnel des Gaules, des Traités d’Amitié et Reconnaissance,portant sur le rappel des

    fondements historiques, organisationnels et doctrinaux du Régime Ecossais Rectifié.

    Cet acte solennel, qui dépasse largement les accords classiques conclus communément

    entre Puissances maçonniques, puisqu’il s’appuie, de façon claire et explicite, sur les

    bases authentiques du Régime rectifié, représente un moment significatif de l’Histoire de

    l’Ordre fondé lors du Convent des Gaules en 1778.

    En effet, les trois Puissances signataires, relevant d’une même origine – puisqu’elles proviennent toutes du réveil du Régime Ecossais Rectifié effectué en 1935 – ont voulu, par cette décision importante, signifier qu’elles entendaient oeuvrer à la défense de l’Ordre, en le considérant comme un système initiatique indépendant, autonome et souverain visà-vis des structures obédientielles qui, depuis des décennies, se sont emparées du « Rite », en imaginant le soumettre à des vues profondément étrangères aux principes de la Réforme de Lyon.

    Ainsi, les trois Puissances rectifiées réunies à Lyon le samedi 14 décembre 2013, ont souhaité rappeler en préambule, leur indéfectible attachement à l’essence du Régime rectifié par les points suivants :

    · 1) – Le souhait de conserver en fidélité l’esprit des Convents fondateurs de l’Ordre ;

    · 2) – La volonté de respecter les critères explicites exposés dans les Codes de 1778, qui seuls            définissent le Régime ;

    · 3) – Le souci de la conservation et préservation, de la légitimité historique initiatique et doctrine du Régime Ecossais Rectifié.


    a) L’Histoire du Régime rectifié, rappelée et respectée

    Lors de son discours d’orientation, le Sérénissime Grand Maître du D.N.R.F.-G.D.D.G.,

    a souligné ce qui avait motivé, initialement, Camille Savoire (1869-1951) dans sa décision

    de réveiller le Grand Directoire des Gaules en 1935, en rompant avec le Grand

    Orient de France : « Une séparation absolue de l’organisation rituelle et initiatique

    du Régime rectifié d’avec le Grand Orient de France, pour qu’il puisse vivre selon les

    formes arrêtées lors du Convent des Gaules et comme décidé lors du Traité d’Union

    avec les Directoires en 1776. » [1]


    Face au refus du Grand Orient de France de respecter cette séparation, s’imaginant

    « détenteur du Rite », le 23 mars 1935 se déroulait à Paris la tenue historique de la

    Préfecture de Genève, où fut remise une Patente officielle à Camille Savoire, lui octroyant,

    en tant que Grand Maître et Grand Prieur du Grand Directoire des Gaules, toute

    autorité pour créer en France des ateliers du Rite Écossais Rectifié.

    Dans son discours Camille Savoire soulignait que le G.O.D.F. s’opposait à la pratique

    authentique du R.E.R. et que le Grand Directoire des Gaules formerait donc, pour

    répondre aux exigences willermoziennes, un Ordre autonome et indépendant,

    composé de membres « désireux de quitter les Obédiences françaises dont les

    agissements sont en contradiction avec le caractère de la Franc maçonnerie.» [2]


    b) Retour aux bases fondatrices du Régime rectifié

    Avec le recul des années, et alors que l’initiative de Camille Savoire allait être menacée

    rapidement par plusieurs événements conjoints qui firent disparaître de la scène

    maçonnique le Grand Directoire des Gaules dès 1939, et ce pour de longues

    décennies, que puissent se retrouver les Puissances rectifiées désireuses d’unir leurs

    efforts en vue de respecter les critères du « Réveil » de 1935, est un signe extrêmement

    encourageant, et gros d’espérance pour ceux qui aspirent à ce que le Régime Ecossais

    Rectifié parvienne, enfin, à vivre en liberté véritable sous le seules ailes du Phénix.

    Il n’est d’ailleurs pas anodin, que les trois Puissances signataires de ce samedi 14

    décembre 2013 (D.N.R.F.-G.D.D.G., G.P.R.D.H., G.P.I.T.G.), qui proviennent du

    « Réveil » de 1935, soient toutes issues de la transmission de Camille Savoire, et que si

    le Grand Directoire des Gaules a été réveillé le 15 décembre 2012 par des Frères

    provenant du Grand Prieuré des Gaules de 1946 qui s’est écarté des critères rectifiés par

    son multiritualisme aberrant et sa dérive ecclésiale, ainsi que des Frères du Grand

    Prieuré Indépendant de France, juridiction rectifiée du Grand Orient de France, que

    le Gran Priorato Rectificado de Hispania s’est constitué le 16 octobre 2010 en

    rompant avec une désorientation dogmatique qui s’était imposée au sein du Gran Priorato

    de Hispania, on retiendra que la naissance du Grand Prieuré Indépendant des

    Gaules en 1965, participait déjà, d’un mouvement de refus de la Convention signée entre

    le G.P.D.G. et la G.L.N.F. en 1958, dont on sait les conséquences funestes qu’elle eut par

    la suite sur le Régime [3].

    c) L’unité de l’Ordre

    C’est donc conscientes des démarches qui les portèrent, respectivement, et selon des

    circonstances spécifiques, à refuser des situations devenues totalement inacceptables

    pour le Régime, que les trois Puissances signataires ont décidé d’unir leurs efforts ce

    samedi 14 décembre 2013 à Lyon, en scellant, d’une commune volonté, leur engagement

    au service de l’héritage willermozien.

    Il s’agit donc bien, d’une « unité » constituée et édifiée, afin que puisse de nouveau

    rayonner « l’Esprit » de l’Ordre, dans la mise en oeuvre concrète de la « science de

    l’homme » entendue dans le sens de la «doctrine» dont le Régime est dépositaire,

    cherchant à construire, pour ceux qui se rangeront à ses côtés en acceptant de cheminer

    avec lui en se dirigeant du Porche vers le Sanctuaire, un nouveau destin commun en forme

    d’invitation en s’appuyant, avec confiance, sur les seules bases rituelles et doctrinales du

    Régime Écossais Rectifié, ceci pour le plus grand bonheur des âmes de désir en quête de

    la Vérité, et celui de toute la famille humaine au bien de laquelle sont, par définition,

    consacrés tous ses travaux.

    Conclusion:

    Sachant que le Régime rectifié, car il s’agit bien d’un « Régime » lorsqu’on parle du

    système initiatique élaboré au Convent des Gaules en 1778, est fondé sur des principes

    intangibles, le caractère préoccupant de la situation maçonnique contemporaine a donné

    l’occasion aux trois Puissances rectifiées réunies à Lyon, de rappeler leur attachement à la

    conception willermozienne de l’Ordre, de sorte de sauvegarder l’esprit du Régime, ce qui

    donna au Grand Maître du Grand Directoire des Gaules de réaffirmer : « L’Ordre

    apour objet de se consacrer à l’étude et à la conservation d’une doctrine dont il est le

    dépositaire de par l’Histoire, doctrine sacrée qui a un but essentiel et très élevé que peu

    d’hommes sont dignes de connaître. De ce fait, « l’Ordre », du point de vue rectifié,

    lorsqu’on y fait allusion, entendu dans son principe le plus profond, le plus

    authentique, ne réfère donc pas à une structure administrative et temporelle, mais

    relève d’une dimension purement spirituelle. » [4]

    De la sorte, il n’est pas niable qu’en ce samedi 14, du mois de décembre 2013 à Lyon, par

    ces Traités signés et ces principes fondamentaux réaffirmés, un pas significatif vient

    d’être effectué, afin que puisse renaître de ses cendres le Phénix symbole d’éternité, et de

    la réintégration des êtres, attendue et espérée, dans leur première propriété, vertu et

    puissance spirituelle divine !*

     

    Enfin, en réponse à ceux qui se révèlent aveugles face à ce projet de "Refondation du

    Régime", croyant, naïvement, qu’on peut régler les questions touchant aux lois

    historiques, initiatiques et doctrinales, par de vulgaires, et d’ailleurs tristement profanes,

    dispositions administratives et disciplinaires, la seule réponse, fraternelle, entendue ce

    jour fut celle-ci :

    « L’Arbre tient bon ; le Roseau plie.

    Le vent redouble ses efforts,

    Et fait si bien qu’il déracine

    Celui de qui la tête au Ciel était voisine

    Et dont les pieds touchaient à l’Empire des Morts. » [5]

     

    chc3aane-et-roseau.jpg



    Notes.

    1. Camille Savoire, Lettre à Adrien Pouriau (1874-1948), Président du Conseil de l’Ordre du

         G.O.D.F., 20 mars 1935.

    2. Camille Savoire précisait : « Voilà comment nous avons régulièrement réveillé en

         France le Rite Rectifié : ce réveil ayant été fait en accord et avec le concours de la seule

          puissance ayant l’autorité suprême du Rite au monde et en conformité des décisions des

         divers Convents de 1778, 1781, 1808, et 1811, et en exécution de la décision prise en 1828

         par le Directoire de la 5e Province de Neustrie déléguant à la dernière de ses

          préfectures, dite de Zurich, ses archives, prérogatives, droits, etc…, avec mission de les

         conserver jusqu’au jour où le réveil du Rectifié pourrait s’effectuer en France et lui

         permettrait de s’en dessaisir. »

    3. Au Convent du G.P.D.G. à Paris, les 23, 24 et 25 septembre 1960, le Frère Louis Didier,

        alors Préfet des Flandres, avait exprimé, non sans vigueur, son rejet des dispositions de la

        Convention de 1958, et de ce refus catégorique, naquit à Lille l’idée d’ériger un Grand

        Prieuré. La Charte constitutive, qui rappelait que les décisions de la Convention 1958

        furent prises sans « consultation préalable », fut transmise à André Moiroux le 8 mai

        1961. Le G.P.D.G., le 14 octobre 1965, déposait de sa charge René Rucart, Préfet des

        Flandres. Celui-ci, loin de prendre acte et de se retirer, prit l’initiative de la création d’un

        « Directoire provisoire du Rite Rectifié en France », qui faisait parvenir le 30 novembre

        une lettre circulaire à tous les Chevaliers du G.P.D.G., et à certains de ceux rattachés au

         G.O.D.F. et à la G.L.N.F.-Opéra, et le 12 décembre 1965 constituait le « Grand Prieuré

         Indépendant des Gaules », placé sous la présidence de René Rucart, son siège social étant

         déposé à Lille.

    4. Johannes Marcus i.O. Eq. A Crucis Mysterio, Discours d’Orientation, Lyon, 14

       décembre 2013.

    5. Jean de La Fontaine, Le Chêne et le Roseau, Liv. I, XXe, Fables, 1698.

        En lien sur le même sujet :

    L’unité du Régime Écossais Rectifié selon les principes de l’Ordre

    http://www.directoirerectifiedefrance.org/?page_id=493

     

    El Fénix renace de nuevo en Lyon

    http://www.masoneriacristiana.es/noticias/renaceElFenixEnLyon.html

  • LOUIS CLAUDE DE SAINT MARTIN – SA VIE – SON ŒUVRE – SA PENSEE


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    Louis-Claude de Saint Martin est né à Amboise le 18 Janvier 1743, de Louise Tournyer et de Claude-François de Saint Martin. Il est décédé le 13 Octobre 1803.maison natal.jpgplaque maison SM.jpg

    Voilà très brièvement pour son état civil.

     

    Il perdra très jeune l’affection de sa mère qui naîtra au Ciel alors qu’il n’avait pas 3 ans. Mais, à partir de ses 6 ans, il recevra les bons soins d’une belle-mère aimante et attentionnée. L’enfant est élevé dans une famille pieuse et c’est probablement un climat propice à développer chez lui le goût des mystères Divins.

     

    Sa santé est fragile, voire précaire puisqu’il dira dans « Portrait » « j’ai changé 7 naissance enfant - Copie.jpgfois de peau étant en nourrice ». C’était un enfant doux, réservé et un peu mélancolique, on voit clairement, dans ces traits de caractère, se profiler l’adulte à venir pour qui les joies ordinaires resteront inconnues.

     

    Son père faisant profession d’Avocat, c’est tout naturellement vers le droit qu’il orientera ses études en entrant à la faculté de droit de Paris. Ces années d’études le confronteront à la vie estudiantine qui aura peu d’attrait pour lui tout autant que le droit qui ne le passionnera pas, c’est le moins que l’on puisse dire, et auquel il préférera la lecture des philosophes du siècle dit des lumières !

    Cependant, pour être conforme au désir de son père, il obtiendra sa licence en droit. Mais il se sent mal à l’aise dans cette société déjà matérialiste qui laisse bien peu de place à ses hautes aspirations spirituelles.

     

    Il a très certainement senti très tôt qu’il était dans le monde sans être du monde.

     

    Pour suivre la tradition familiale et satisfaire au désir paternel, il sera reçu avocat du Roi à Tour le 9 août 1762, oserais-je dire la mort dans l’âme ?

     

    Très vite, il se rendra compte que la magistrature n’est pas sa voie, la charge lui pèse tant qu’il ne voudra plus continuer à exercer une profession à laquelle il se sentira totalement étranger.

     

    Sa reconversion ne semble guère plus judicieuse : le Duc de Choiseul Duc de Choiseuldécidera de le faire entrer dans l’armée comme  officier. Comment imaginer Louis-Claude de Saint Martin exerçant le métier des armes ?

     

    Cependant, le destin prend parfois des détours étonnants pour nous conduire sur la bonne voie, à moins qu’il ne s’agisse de la manifestation de la grâce de Dieu qui surveille de près les brebis qui s’égarent…Il fallait bien que l’officier Saint Martin devienne le Philosophe Inconnu !

     

    En effet, c’est dans le Régiment Foix-Infanterie que Saint Martin va rencontrer celui grâce à qui il s’engagera sur le chemin initiatique que nous connaissons. C’est à Grainville, premier Capitaine des Grenadiers, que revient ce mérite ! Promu Lieutenant à 26 ans, Saint Martin ne sera guère plus passionné par le métier des armes que, naguère, par l’exercice de la magistrature. Il dira d’ailleurs « je me serais plus accommodé à être simple soldat pour obéir aux ordres plutôt que d’en donner »…C’est dire s’il était motivé par ses nouvelles fonctions !

     

    maçonnerie.jpgSur les conseils de Grainville, il entrera en maçonnerie et se livrera, certainement avec bonheur, à l’étude que suppose et nécessite l’appartenance à une société initiatique. Mais c’est une autre rencontre qui va initier, dans tous les sens du terme, un bouleversement dans sa vie.

     




    N’oublions pas que le Régiment Foix-Infanterie est en garnison à Bordeaux…Quelle chance ! Cette rencontre capitale est donc, bien évidemment, celle qu’il va faire avec celui qu’il considère comme son premier Maître : Martinès de Pasqually.

     

    pasqu. st martin.jpg

     

    Si vous m’avez bien écoutée vous aurez remarqué que je parlais, jusqu’à présent, de Saint Martin au passé mais, dès maintenant, je vais parler de lui au présent parce que son œuvre est intemporelle et qu’elle nous concerne tous, hommes de désirs, au présent.

     

    A partir de cette rencontre avec Martinès il nous offre une voie royale, la voie du salut !

     

    Martinès fut sans doute dépositaire d’une transmission paternelle judéo-chrétienne due à son origine marane. Il avait organisé son Ordre, en tous cas à Bordeaux, à partir d’avril 1762 jusqu’au 5 mai 1772, date de son départ pour Saint Domingue d’où il ne reviendra pas.

     

    Son but, très globalement, était de rétablir le culte primitif. N’étant pas Coën, je ne m’arrêterai pas sur les détails de son organisation.  Cependant, Saint Martin, malgré les impératifs que lui impose sa vie de garnison, reçoit les premiers grades Coën entre l’été 1765 et l’hiver 1768, probablement du Chevalier Baudry de Balzac. Dès lors, Saint Martin n’aura de cesse que de progresser dans l’Ordre.

     

    A partir de 1768, il établit une relation étroite avec Martinès et en 1771 il devient son secrétaire, faisant suite à l’Abbé Fournier qui l’avait précédé dans cette fonction. Très impliqué, il copie les rituels et entre en relation avec les chefs de l’Ordre dont Jean-Baptiste Willermoz.

     

    soie-compas-willermoz.jpg


     

    Il participe aussi, et ce n’est pas rien, à la mise en forme du Traité.

     

    Toujours très motivé, il assiste son Maître lors des préparations rituelles. Prières, invocations, tracés, sont destinés à l’œuvre majeure de réconciliation. Saint Martin y met toute sa ferveur et maitrise rapidement les rites bien que sa faible constitution physique pâtisse sérieusement des efforts requis pour mener à bien les opérations.

     

    Puis, il vient à s’interroger sur la légitimité de ce cérémonial, allant jusqu’à dire àportail martin.jpg Martinès « faut-il tout cela, Maître, pour prier le bon Dieu ? » question à laquelle Martinès répond « il faut bien faire avec ce que l’on a ». Plus tard, il va être amené à se distancier des pratiques théurgiques au profit d’une voie intérieure, la voie de l’interne, dont je parlerai plus loin.

     

    Pour l’heure, il se penche sur le Traité de façon d’autant plus profonde qu’il adam et eve.jpgcollabore activement à sa rédaction. Il s’imprègne de la doctrine de Martinès qui expose, entre autre, pour faire court, la chute des anges rebelles puis celle d’Adam et les conséquences terribles qui en découlent.

     

    eve adon carcature.jpgAdam, après avoir prévariqué, perdra son corps de gloire et sera enfermé dans un corps de matière, gardant en lui l’image Divine mais en perdant la ressemblance. Il entrainera dans sa chute toute sa postérité et il faudra une triple intervention divine pour nous restaurer, un jour, dans notre première propriété, vertu et puissance spirituelle divine :

     

    -     La réconciliation d’Adam par Hély, après la chute

     

    -     La réconciliation des hommes par Jésus-Christ, vrai homme et vrai Dieu qui est venu, non pour abolir la loi de Moïse, mais l’accomplir à notre place en mourant sur la croix

     

    -     Le retour à la fin des temps du Christ comme Emanuel pour opérer la réintégration.

     

     

    Passionné par le travail qu’il accomplit avec Martinès, il décide, après 6 ans passés à Foix-Infanterie, de se libérer de ses obligations militaires pour retrouver la liberté de s’adonner à plein temps à ce qui le passionne tant. Saint Martin est ordonné Réau+Croix par Martinès le 17 avril 1772, lequel s’embarquera peu après pour Saint Domingue…..aller sans retour !

     

    Après la mort de Martinès, il reste en relations épistolaires avec les nombreux contacts que sa position de secrétaire lui avait permis d’établir. Ceux-ci vont rapidement voir en lui un possible et savant instructeur et Willermoz va lui confier officiellement cette fonction, l’accueillant chez lui pour plus de commodité.


     

    Saint Martin y commence la rédaction « des erreurs et de la vérité » et les deux hommes planifient un programme d’enseignement que Saint Martin prodiguera aux frères de Lyon, assisté de Willermoz et de Jean Jacques du Roy d’Hauterive : viennent de naitre les fameuses Leçons de Lyon dont le but constant, quels que soient les sujets abordés, est « comment travailler à la réconciliation de l’homme ? ».

     

    cachet st mart.jpg

    Cachet de Saint Martin


     

    Les Leçons de Lyon prennent fin le 10 avril 1776. Saint Martin quitte Lyon et fréquente les salons parisiens, notamment celui de Madame de Lusignan, chez qui salon_madame_geoffrin.jpgil a ses entrées et grâce à laquelle il peut côtoyer les personnes importantes et influentes du royaume.

     

    Comme le temps nous est un peu compté, je suis obligée d’écourter le récit des pérégrinations de Saint Martin pour arriver à sa rencontre, par delà l’espace et le temps, avec son second maître : Jacob Boehme.

     

    jacob bohem.jpg


     

    Lors d’un séjour à Strasbourg, il rencontre Charlotte de Broecklin, une Allemande érudite et passionnée par l’œuvre de Boehme. Celle qu’il appelle « ma chérissime B » par souci de discrétion va devenir pour lui une amie d’exception et ils vont entretenir une longue et riche correspondance.

     

    Il va s’écarter de la Franc Maçonnerie puis, découvrant l’œuvre de Boehme qu’ilvoix cardiac.jpg va traduire en Français, il rejette la théurgie Coën pour proposer une voie plus intérieure.

     

     

     

    Pendant les 10 dernières années de sa vie, il va négliger l’écriture pour se consacrer à la traduction des livres de Jacob Boëhme qui étaient dans son propre pays, l’Allemagne, pratiquement tombés dans l’oubli.

     

    Pour ce faire, il va apprendre l’allemand, langue qu’il ne pratiquait pas du tout. Mesurez vous l’ardent désir qui l’animait pour qu’il se livre à un tel travail ? Il apprend l’allemand non seulement pour le parler couramment mais encore pour traduire fidèlement la pensée subtile et quelque peu compliquée de Boehme. Il est facile en lisant ses œuvres en français de prendre conscience du mérite de Saint Martin à s’attaquer à pareille tâche !

     

    boheme pensée.jpg


     

    On peut affirmer sans risque d’erreur, que c’est Saint Martin qui a permis, non seulement en Allemagne mais dans l’europe entière, de redécouvrir ce penseur d’exception.

     

    Il comprend que Boehme est de la race de son premier maitre et qu’il ne faut pas les opposer mais au contraire les conjoindre. Il écrit dans « Mon portrait historique » : « Notre premier maitre avait certaines lumières, mais le second, B, a des lumières supérieures encore qui nous font aborder des domaines insoupçonnés ». Quels sont donc ces domaines ? Ils touchent à la nature du Principe Premier, ce Principe est un sans fond (ungrund), un rien, un néant. Il se dévoile dans son retrait.

    jacob b principe.jpg

     

     

    Etant donné l’importance de Boehme dans la pensée de Saint Martin, il est utile d’en dire quelques mots : il est né en 1575 et mort en 1624. C’était un simple cordonnier qui, très jeune, était gardien de troupeau. On dit qu’un jour où il gardait ses bêtes, il trouva un trésor dans une grotte mais n’y toucha pas. On y verra symboliquement, son accès au trésor caché des mystères Divins.

     

    L’histoire dit encore qu’un jour où il était seul dans son atelier, un étranger se présenta pour acheter une paire de chaussure. N’osant lui vendre ce qu’il demandait, l’apprenti lui proposa un prix supérieur pour dissuader le client qui cependant accepta. En sortant de l’échoppe avec son achat, ce singulier personnage lui dit d’une voix forte ‘Jacob tu es peu de chose mais tu seras grand et tu deviendras un autre homme, tellement que tu seras pour le monde un objet d’étonnement »

     

    Il vécu une expérience mystique et restera 7 jours dans les plus hauts degrés de la contemplation intérieure et aura encore des grâces inexplicables mais la Grâce Divine s’explique t’elle ?

     

    bohem1.jpg

     

    Il écrira fidèlement les récits de ses visions en rédigeant son 1er livre « L’aurore naissante ». Il y aurait beaucoup à dire sur ce sujet mais ce n’est pas celui qui nous occupe aujourd’hui. Il nous suffit, pour l’heure, de savoir que Saint Martin a reconnu dans les travaux de Boehme ce qu’il aurait pu écrire lui-même.

     

    Il ne se contente pas de traduire Boehme mais va jusqu’à payer de ses deniers la parution en français de l’Aurore Naissante et nous livre cette réflexion dans « mon portrait… » :

    « Dans le mois de Brumaire an IX, j’ai publié ma traduction de l’aurore naissante de Jacob Boehme. J’ai senti en la relisant de suite et tout à mon aise que cet ouvrage serait béni de Dieu et des hommes, excepté du tourbillon des papillons de ce monde qui n’y verront rien… »

    Saint Martin déplore de ne pas être entendu et compris des hommes du torrent qui n’aspirent qu’à se bercer d’illusions ou de croyances.

     

    Au cours de l’été 1803, il se rend à Amboise mais sent que sa santé se dégrade sérieusement. Ce constat ne le chagrine pas et il l’accepte très sereinement. Il quitte cette terre le 13 octobre 1803 entouré de quelques amis venus l’assister.

     

     

     

     

    B -  SON OEUVRE

     

     

    Les ouvrages de Saint Martin ont pour but d’expliquer la nature par l’homme et de ramener toutes nos connaissances au Principe dont l’Esprit humain peut devenir le centre. Je vais résumer le plus brièvement possible ses œuvres majeures, ou, tout du moins les plus importantes à mon sens.

     

    DES ERREURS ET DE LA VERITE. Publié en 1775

       Il fut écrit en réponse aux dires de Boulanger qui affirmait que les religions ereur et verte.jpgétaient nées à cause de la frayeur que les hommes éprouvaient face aux phénomènes naturels qu’ils ne savaient pas expliquer. Après avoir fait remarquer aux hommes l’incertitude de leurs recherches et les continuelles méprises qui en découlaient, il leur indique la route qu’ils auraient du suivre et démontre que l’homme possède en lui une lumière active et intelligente qui est seule à la source de la pensée religieuse, un savoir non matériel.

     

     

    LE TABLEAU NATUREL. Publié en 1782

          C’est un traité de science initiatique qui prend sa source dans l’âge d’or, passe tab.nat..jpgpar la chute pour arriver à la réintégration finale. Saint Martin se penche sur l’étude des Lois qui régissent l’univers et livre quelques vérités profondes à ce sujet. Selon Saint Martin, l’homme, le quaternaire, en sombrant dans la matière ténébreuse, s’est enfermé dans la circonférence du zéro. Il lui faudra donc faire pénétrer l’unité dans ce quaternaire pour rétablir l’ordre universel brisé par la chute. Pourrait-on y voir une suite du Traité de Martinès ?

     


     

     

     L’HOMME DE DÉSIR. Publié en 1790

         Ce sont des « chants » dans lesquels l’âme humaine se reporte vers son étathomme de desir.jpg premier que la voie de l’Esprit peut lui faire recouvrer par la bonté Divine ; Kirchberger considèrera cette œuvre comme la plus riche en pensées lumineuses et Saint Martin trouvera dans ses propres écrits des germes qu’il avait semés mais qui prendront sens pour lui après qu’il ait étudié Boehme.

     

     

    LE NOUVEL HOMME. Publié en 1792

          L’idée fondamentale de cette œuvre est que l’homme porte en lui une sorte de louis claude de saint martin,philosophe inconnu,martinisme,martiniste,ordre,rer,rites ecossais rectifié,ecossais,franc maçon,free masontexte dont toute sa vie devrait être le développement car l’âme de l’homme est une pensée de Dieu. Il en découle que le moyen de nous renouveler pour rentrer dans notre nature consiste à penser par notre propre Principe et d’employer nos pensées comme autant d’organes pour opérer ce renouvellement. Saint Martin dira plus tard qu’il n’aurait pas écrit ce livre, ou alors qu’il l’aurait écrit autrement, s’il n’avait pas eu connaissance des écrits de Boehme.

     

     ECCE HOMO. Publié en 1792

        Il a publié ce livre à l’intention de la Duchesse de Bourbon pour répondre auxlouis claude de saint martin,philosophe inconnu,martinisme,martiniste,ordre,rer,rites ecossais rectifié,ecossais,franc maçon,free mason faiblesses spirituelles de cette amie un peu trop fascinée par le merveilleux et le somnambulisme. Saint Martin y invite à la prudence face à ces pratiques et rappelle à nouveau les principes fondamentaux qui régissent la destiné de l’homme. Il y expose la misère présente des hommes et l’espoir de leur possible réhabilitation.

     

     

    LE CROCODILE. Publié en 1799

      C’est un poème épique de 102 chants. On y retrouve de longs voyages sans louis claude de saint martin,philosophe inconnu,martinisme,martiniste,ordre,rer,rites ecossais rectifié,ecossais,franc maçon,free masonaccidents qui soient mortels ; un peu d’amour, sans aucune de ses fureurs ; de grandes batailles où pas une goutte de sang n’est versée ; quelques instructions sans le bonnet du docteur.

    S’y mêlent le fantastique, l’occulte, la satire. L’action se passe pendant la révolution et les personnages sont en relation avec les principes de la doctrine martiniste.

     

    LE MINISTERE DE L’HOMME ESPRIT. Publié en 1802

         Le but de ce livre est de montrer comment l’homme esprit, c'est-à-dire celuilouis claude de saint martin,philosophe inconnu,martinisme,martiniste,ordre,rer,rites ecossais rectifié,ecossais,franc maçon,free mason qui exerce un ministère spirituel, peut s’améliorer, se régénérer, lui et les autres, en rendant la Parole, le Verbe à l’homme et à la nature. La grande amélioration que propose Saint Martin consiste dans le développement radical de notre Essence Divine. Le Ministère de l’homme esprit apprend enfin à opérer en lui-même l’action du Réparateur, en s’immolant, à son exemple, pour se séparer du règne matériel, organe du mal.

     

    On retrouve aussi d’autres ouvrages dans ses œuvres majeures comme « De l’esprit des choses publié en 1800, et parmi ses œuvres posthumes « Des Nombres » publié en 1848.

     

     

     C – SA PENSEE

    Nous avons vu plus haut que Saint-Martin s’éloigne de la Maçonnerie et qu’il rejette la théurgie Coën, voie de l’externe, pour proposer une voie plus intérieure. Cette voie est celle de l’interne nommée parfois imprudemment la voie cardiaque. Si Saint Martin utilise plus volontiers les mots « voie de l’interne » c’est probablement afin d’éviter la confusion néfaste avec ceux de « voie cardiaque ».

    Bien évidemment, il ne s’agit pas des bons sentiments, des bonnes actions non plus que de l’affect comme pourrait le laisser entendre le mot « cœur » : ce domaine là est uniquement celui du terrestre et de la matière.

     

    Le cœur, siège de la voie interne, signifie autre chose !

     

    Dans l’homme, ce cœur là, est la figuration de son centre radical, de sa pure Conscience. La voie interne est une exploration systématique et consciente de notre univers intérieur, depuis les zones superficielles jusqu’au centre radical qui, lui, est éternel.

     

    C’est dans ce sens là uniquement qu’il faut entendre la pensée de Saint Martin. Explorons donc sa pensée si riche et si simple à la fois.

     

    En quoi consiste donc cette voie de l’interne ? Je viens de la définir mais laissons la parole à Saint Martin, il nous dit : « La seule initiation que je prêche et que je cherche de toute l’ardeur de mon âme, est celle par où nous pouvons entrer dans le cœur de Dieu et faire entrer le cœur de Dieu en nous pour y faire un mariage indissoluble qui nous rend, l’ami, le frère et l’épouse de notre Divin Réparateur. Il n’y a d’autre mystère pour arriver à cette initiation que nous enfoncer de plus en plus jusque dans les profondeurs de notre être et de ne plus lâcher prise que nous ne soyons parvenus à en sortir la vivante et vivifiante racine ».

     

    Saint Martin nous invite donc à entrer, avec une sorte de dépouillement, dans le recueillement, le silence, la méditation solitaire qui va nous conduire à un cœur à cœur avec Dieu.

     

    Il convient pour y parvenir d’aller chercher au plus profond de nous-mêmes, dans notre cœur/centre, les lumières enfouies qui n’attendent que de se révéler à nous pour peu que l’on s’en donne les moyens.

     

    Ces moyens sont la purification, la sanctification, la régénération et la prière. La purification est une condition obligatoire pour pouvoir s’unir à Dieu. Comme on ne fait pas entrer un hôte dans une maison sale, il serait bien illusoire de vouloir convier Dieu dans un cœur/centre souillé.

     

    Il faut donc en extirper toutes nos prétentions humaines, la plupart du temps très égotiques, abandonner nos attachements à ce qui n’est pas fixe en nous pour nous approcher le plus possible de la seule Vérité. Saint Martin nous le dit dès la 1ère page du Nouvel Homme : « la Vérité ne demande pas mieux que de faire alliance avec l’homme mais elle veut que ce soit avec l’homme seul et sans aucun mélange de tout ce qui n’est pas fixe et éternel comme elle ». Il nous dit plus loin : « tremblons donc que les canaux de notre être ne soient pas assez purifiés pour que la Vérité passe en lui sans y éprouver de la gène et de la douleur ».

     

    Prenons donc bien conscience de la dégénérescence de notre condition actuelle, des ravages quotidiens que produisent nos ego et de leurs tristes répercussions. Reconnaissons nous donc totalement indignes, petits et misérables mais dignes cependant dans l’espérance de retrouver un jour notre vraie nature.

     

    Qu’en est-il maintenant de la sanctification ? Voilà ce que nous en dit Saint Martin au chapitre 224 de l’homme de désir : « Le Père a sanctifié le Fils, le Fils a sanctifié l’Esprit, l’Esprit a sanctifié l’homme. L’homme doit sanctifier tout son être ; son être devait sanctifier les agents de l’univers ; les agents de l’univers devaient sanctifier toute la nature et, de là, la sanctification devait s’étendre jusqu’à l’iniquité ».

     

    Vaste programme qui reste à accomplir en ce qui nous concerne. Nous devons absolument nous abandonner tout entier à l’amour Divin, mettre à nu notre cœur et nous confier à la miséricorde du Seigneur. C’est véritablement un total engagement de notre être, sans la moindre retenue, un « retranchement des œuvres du monde » conscient et accepté.

     

    Bien sûr, nous sommes prisonniers de notre corps de matière et nous continuons en permanence à commettre des actes plus ou moins réprouvés. C’est donc avec cette lucide certitude que nous devons nous engager sur le chemin de la régénération, faire mourir en nous le vieil homme pour permettre la naissance du nouvel homme.

     

    Il va falloir transformer l’homme dégradé en homme régénéré, car sans cette transformation du cœur aucune prière n’est prononcée correctement. Les ténèbres ne sont dissipées que par la régénération spirituelle et c’est au prix d’un repentir sincère que se renouvelle le cœur et que s’envisage la régénération. Voilà le véritable travail de l’interne car c’est dans le cœur/centre que s’obtient, ou pas, un devenir pour l’âme.

     

    C’est donc dans ces conditions réalisées que la prière va devenir opérante !

     

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    Comment faut-il donc prier ? Il y a bien évidemment plusieurs manières de le faire en fonction de différents critères mais dans l’homme de Désir Saint Martin nous dit : « si vous ne savez pas comment prier, répétez donc sans cesse : je commande à l’iniquité de fuir loin de moi ; je commande à tous les secours naturels et spirituels de se rassembler autour de moi ; je supplie tous les élus purs de me conduire et de me protéger ; je me prosterne devant celui qui seul peut rétablir tous mes rapports ».

     

    Cette prière est puissante. En effet « je commande à l’iniquité de fuir loin de moi », par cet acte conscient, la porte inférieure du cœur est fermée. C’est la phase de purification. « Je commande à tous les secours naturels et spirituels de se rassembler autour de moi » cette phase de demande s’effectue par la porte supérieure du cœur qui ouvre sur le monde des puissances divines pures mais aussi sur toutes les puissances secondes qui dirigent la création. Saint Martin ne nous demande pas de nommer qui que ce soit, car, l’attitude du théurge est d’accepter ce que Dieu veut bien lui donner et seulement cela. « je supplie tous sacred-heart-doves-chalice.jpgles élus purs de me conduire et de me protéger » : cette seconde demande s’adresse à la communion des Saints. Là encore, on ne nomme personne, viendra à nous qui doit venir en fonction de la volonté Divine. « Je me prosterne devant celui qui seul peut rétablir tous mes rapports » : cette attitude est la seule qui permette de s’ouvrir en coupe pour recevoir ce que Dieu veut bien nous accorder.

     

    Nous retrouvons dans cette prière : purifie toi – demande – reçois, ce qui permet l’action juste. Dans les trois phases préliminaires le théurge fait un appel direct aux êtres concernés. Pour appeler Dieu, il entre en totale passivité par la prosternation. Cet appel à la réhabilitation est lancé vers Dieu dans un respect absolu. Elle marque l’humilité du théurge qui sait que seul Dieu possède le véritable agir.

     

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    Ceci n’est qu’une petite approche de la prière, qui va terminer le survol de la pensée de Saint Martin sur laquelle il y aurait encore beaucoup à dire mais le temps ce soir nous manque pour aller plus loin…Laissons quand même à Saint Martin les mots de la fin :

     

    « Ma tâche dans ce monde a été de conduire l’esprit de l’homme par une voie naturelle aux choses surnaturelles qui lui appartiennent de droit mais dont il a perdu totalement l’idée, soit par sa dégradation, soit par l’instruction fausse de ses instituteurs…Cette tâche est neuve mais elle est remplie de nombreux obstacles et elle est si lente que ce ne sera qu’après ma mort qu’elle produira ses plus beaux fruits… »

     

     

    Joelle Soulier, le 29 novembre 2013