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willermoz - Page 4

  • Extrait d'un discours lumineux de J B Willermoz

            Avec la vie, l'homme a reçu un libre arbitre, c'est à dire que, placé entre le bien et le mal il lui est libre de choisir. On lui fait voir tout le bonheur qu'il libre arbitre.jpgdoit retirer en suivant le bien qu'il connaît déjà et on le menace des plus cruels tourments, s'il se livre à un ennemi dangereux qu'on lui montre aussi. Ici, l'impie crie à l'injustice, parce qu'il veut suivre ce dernier parti ; le juste, au contraire, bénit son Créateur qui, par là, donne à l'homme le rang au dessus des anges.

    Le juste et l'impie ont leur libre arbitre, pourquoi donc ce contraste ?
    C'est que la présomption se glisse dans l'homme à l'aide des connaissances qu'il acquière, s'il n'a pas soin de tout rapporter au seul but pour lequel elles lui sont données. Il prend une fausse route; il y marche avec sécurité. Séduit par l'apparence, il s'abandonne entièrement au langage flatteur de son ennemi qui ne cherche que la ruine, jaloux de la supériorité et d'en être supplanté.
    Une fois que l'homme a perdu de vue la vraie lumière, ou que, poussé par une criminelle curiosité, il veut se servir de celle qui lui est donnée, pour passer les bornes qui lui sont prescrites, il ne fait plus que tomber d'erreurs en erreurs, il parcourt des espaces immenses, sa présomption lui fait tout envisager comme des moyens de parvenir au terme qu'il se propose. Ce terme est bien la vérité ou le bonheur, mais privé par sa faute du flambeau qu'il a laissé en arrière, il murmure, par ce que les ténèbres l'empêchent de voir qu'il n'est pas dans bonne voie : au lieu donc de la paix et de la vérité qu'il cherche, il ne rencontre rien de semblable, au contraire toutes sortes de peines, et, il en est trois pour l'homme. Le remord et la confusion s'emparent de lui, il a bien voyagé, il a bien travaillé, mais tant qu'il sera dans cette route, il ne trouvera rien.
    Ce n'est qu'après être rebuté et fatigué de tant de recherches inutiles, qu'après un terris infini si mal employé, qu'après avoir essuyé toutes les fatigues du corps, de l' âme et de l'esprit, qu'enfin, revenant à ce premier penchant pour le vrai, le bon et le beau, nous abjurons nos erreurs, nous secouons nos préjugés et nous revenons sur nos pas à l'aide du trouble de notre conscience. C'est le cris de nos guides bienfaisantes qui se font entendre impérieusement ; ce sont elles qui ne cherchent sans cesse qu'à reprendre leurs droits sur l'homme.
    Mais, pour retrouver le vrai bonheur, il faut qu'il se soumette, qu'il se résigne, qu'il fasse le sacrifice de ce qu'il a de plus cher, qu' il renonce à ses droits, qu'il subisse la mort et la privation de tout ce qu'il avait possédé. et s'il se soumet à ce châtiment trop mérité par sa révolte, l' homme ingrat et pervers obtient sa grâce, lorsqu'il n'attendait que son anéantissement. Quel est cet ami généreux qui intercède pour lui ? c'est son Créateur, c'est la sagesse même
    Qu'exige t on encore de l' homme ? Rien que les suites nécessaires de son péché la honte., le remord, le travail, la peine et les Maux.
    Dés que l'homme rentre sérieusement en lui même y trouve ce rayon de lumière que tous ont reçu, s'il fait cet examen avec le désir sincère de se connaître, de connaître son auteur et la perpendiculaire qui les unit, si le désir le conduit à une pratique plus régulière de ce qu'il connaît déjà de ses devoirs. Si au contraire le découragement et l'étonnement stérile n'en est pas la suite, il est constant qu'avec de la sincérité, de la constance et de la ferveur, l'homme se servira utilement de cette lueur pour parvenir à la grande lumière. Mais n'oublions pas que cette récompense doit être le fruit d'un long et pénible voyage, que nous en étant déjà une fois rendu indignes elle nous être donnée que sous les assurances et les épreuves les plus authentiques de notre fidélité, de notre prudence et de notre soumission.
    Jusques ici l'homme que nous considérons n'est ni nu ni vêtu, il ne sait pas encore précisément se démêler lui même, il ne peut concilier ses penchants et ses facultés, il s'étonne de sa liberté, il se compare; la fidélité, l'amour et la confiance lui sont ordonnées, il s' y soumet, et son repentir, sa pénitence et son aveu lui méritent sa grâce. Il est porté d'autant plus que le souvenir des circonstances de sa création lui fait concevoir toute la noblesse de son origine.
    Mais l' homme n'acquiert ce qu'il désire qu'en consultant la nature, la raison et la justice ; la première est la porte où il doit frapper, la seconde est la route qu'il doit suivre et la troisième est le but où il doit aspirer. Rentrez donc en vous mêmes, étudiez vous et frappez pour être entendus ; cherchez dans la sagesse et hors du matériel ce qu'elle seule peut vous faire trouver, et demandez à l'auteur de toute justice l'intelligence de ce que vous aurez cherché et trouvé.
    L'homme livré à ses passions est dans les ténèbres, il en est offusqué : son origine et sa fin ne lui sont plus présents. Il oublie la partie spirituelle qui entre dans son existence, pour ne se livrer qu'à la partie animale et matérielle. Il se dégrade en ne s'occupant que du temporel, et tant qu'il est dans cet état d'engourdissement, il ne peut s'élever au delà, il n'y aperçoit même rien, parce qu'il met lui même un voile épais entre la lumière et lui.
    Mais lorsque le voile est tombé, il aperçoit, avec les veux du désir et de la confiance, ce que son esprit offusqué par les passions ne pouvait lui laisser voir. Trois grandes étoiles se présentent à lui, ce sont les trois commandements qu'il trouve gravés dans son cœur.
    L'homme avait reçu l'usage des métaux, comme un dépôt et non comme une propriété, mais trompé par la concupiscence, il en abuse par l'usage trop immodéré qu'il en, fait. Il fallut l'en dépouiller. Toutes les passions peuvent être innocentes, elles ne deviennent criminelles que par l'abus que l'homme en fait. En nous rendant ces dons, dont nous avions mérité d'être dépouillé, c'est nous rendre la grâce de bien user des bienfaits de la nature; mais nous rie pouvons rentrer dans nos droits qu'avec un cœur pur, fruit du repentir et d'une bonne résolution.
    L'excellence de l'homme est effectivement appuyée sur trois colonnes ou troisvertus theo.jpg impressions qu'il trouve gravées dans son cœur, s'il veut l'examiner; ce sont les trois vertus théologales. Sans leur pratique, tout l'édifice moral s' écroule l'homme est aussi appuyé sur la force, la sagesse et la beauté qui nous représentent la divinité; l'homme même et les éléments; la nature, la raison et la justice ; le spirituel, l'animal et le matériel ; l'intelligence, la conception et la volonté.

     J-B Willermoz

    je vous demandes de relire ces lignes encore une fois

    et méditez ;-)

  • Jean -Baptiste WILLERMOZ

     

    willermoz


    Un jeune « mystique »lyonnais

    – né à LYON le 1 juillet 1730 d'une famille d'origine franc -comtoise

    – son grand -père Claude – Pierre Willermoz est sculpteur sur bois à Saint – Claude

    – baptisé le 11 juillet 1730 en la paroisse de Saint – Nizier.

    – Suit jusqu'à 12 ans des études au collège de la Trinité chez les Pères Jésuites et acquiert 

     ainsi une écriture parfaite déliée , de solides bases ,et une excellente connaissance du latin et 

     des auteurs anciens.

    – devient « fabricant d'étoffes et d'argent » comme son père et « commissionnaire en soi 

    ries »

    – de famille très catholique, un rien austère , assidue aux offices religieux, d'autant plus que 

    son oncle Léonard Willermoz est prêtre et vicaire de l'église Saint- Nizier quartier de Lyon 

    qui est le cœur commercial de la ville .

    – Baignant dans une atmosphère mêlée de labeur et de piété ,les dons de J B Willermoz ne 

    tardent pas à se manifester .

    – Entrepreneur ,doué d'un rare talent organisateur .

    – Acharnement au travail

    – Se soucie précocement des questions religieuses , réelle familiarité avec les textes des Pères 

    de l'église ; son oncle le vicaire a vraisemblablement encourager non neveu à se conformer 

    aux exigences d'une vive religiosité catholique ???

    – Adolescent , il possède un substantiel bagage philosophique , patristique et théologique , 

    accédant avec une rapidité stupéfiante aux plus hautes responsabilités dans la société secrète 

    dont il allait devenir membre .

     

    L' entrée en Franc -maçonnerie

    – Son succès dans son activité commerciale signe sa réussite sociale.téléchargement.jpg

    – En 1754 à 24 ans , il s'installe définitivement à son compte maître fabricant ,lui donnant 

    ainsi l'introduction dans différents milieux aisés et cultivés de la capitale des Gaules .

    L'un de ces milieux , plutôt fermé et réservé , la Franc-maçonnerie va jouer un rôle considérable 

    dans sa vie ,.la Franc-maçonnerie attirant alors dans tous les salons du royaume une foule de 

    curieux .

    – Introduit en 1750 ,à 20 ans ,au sein d'une loge ,peut-être les « Les Amis Choisis « , le nom 

    nous reste inconnu d'après le témoignage de JB Willermoz .

    – Deux ans plus tard , à 22 ans ,il est nommé VM .Il s'attache alors à une idée puisée chez 

    Clément d'Alexandrie , à savoir que le christianisme est porteur d'une authentique initiation . 

    Il fera cette déclaration dans un courrier à Charles de Hesse en 1781 : »Je fus persuadé , dés 

    mon entrée dans l'Ordre que la Maçonnerie voilait des vérités rares et importantes et cette 

    opinion devint ma boussole ... »

     Un étonnant activisme initiatique

    -en 1753 ,à 23 ans , alors qu'il vient d'être élu VM dans la loge dans laquelle il avait reçu la 

     lumière , il fonde un nouvel atelier « La parfaite Amitié » une des loges les plus anciennes de 

     Lyon.

    – En 1756 une autre loge était fondée « L'amitié » reconnue par la Grande Loge en 1758 avec

     Jacques Grandon comme VM .

    – Le 10 mars 1760 ,Willermoz et Grandon constituent la loge « Les Vrais Amis »dont le VM 

    Jean Paganucci futur membre du Temple coen deLyon participera , 15 ans plus tard à la 

    rédaction des rituels de la « Réforme « 

    – Les Maîtres de la « Parfaite Amitié « l'Amitié » et les « Vrais Amis » créent en1760 un 

     « Comité des Loges de Lyon » ,intitulé Grande Loge des Maîtres Réguliers » dont JB W sera

     désigné Grand Maître à partir de 1761 , puis prendra le titre de Garde des sceaux et d'archiviste 

     à compter de 1763 , ce qui lui donnera d'accéder à un nombre considérable de documents 

     infiniment précieux pour parfaire sa connaissance des degrés et grades pratiqués à cette époque

     Hermétisme et légende templière 

    – JB Willermoz va alors se passionner pour les degrés hermétistes dont ceux de « Chevalier

    du Soleil »ou des « Adeptes » ,de « l'Aigle « , du « Pélican » , de « Saint - André »ou encore 

    « Maçons d'Heredon » que l'on regardait comme des grades suprêmes .

    – De 1761 à 1765 JB Willermoz s'oriente vers la recherche de ce qui lui apparaîtra comme 

    étant l'essence véritable de la Maçonnerie, son objectif caché et authentique : la quête du 

    secret de la Vérité voilée aux yeux des profanes.

    – JB Willermoz convainc Meunier de Précourt de lui révéler le degré de « Grand Inspecteur 

    Grand Elu »( ou Chevalier Kadosch). Il soupçonne une influences des thèses des Frères 

    allemands de la Rose + Croix dans ce rituel et le lien qui pouvait être établi entre la légende 

    du Temple et la recherche de la « Pierre Philosophale »

    – C'est ainsi qu'en 1765 est constitué un chapitre des « Chevaliers de l'Aigle noir Rose+Croix

    – Bien qu'ayant manifesté un fort intérêt pour tous ces grades aux noms imposants , il est 

    désabusé et las ,il reste convaincu que la Maçonnerie est détentrice d'un véritable secret , 

    mais malgré l'intensité de ses efforts , il sent qu'il n'est pas parvenu à le mettre à jour .

     Martinez de Pasqually et les Elus coens

     -Au printemps 1767 il se déplace à Paris et apprend par Bacon de la Chevalerie l'existence d'un PASQUALLY.jpg

     nouvel Ordre secret installé à Versailles sous le nom de « Tribunal Souverain », Ordre d'un 

     niveau supérieur à tout ce qu'il avait connu (travaux , cérémonies ,ect …) Le chef de cet Ordre

     est Martinez de Pasqually qui introduisait les candidats qui se présentaient à la porte de son 

     Temple dans une société avec pour titre étrange « Ordre des Chevaliers Maçons Elus coens 

     de l'Univers « . JB Willermoz est reçu par Martinez de Pasqually lui -même, qui fait que 

     cette première réception scellera l'union définitive .

    – Il découvre une doctrine originale et cohérente ( explications sur les sujets touchant à 

    l'origine, la condition temporelle et les lois auxquelles elle obéit et la destination ultime de 

    l'homme. 

    – JB Willermoz conservera toute sa vie un attachement au trésor spirituel légué par 

    Martinez de Pasqually

    – En mai 1768 , JB Willermoz est reçu Réau+Croix par son Substitut Universel , Bacon de 

    la Chevalerie.

     Les  Leçons de Lyon 

     -Le 5 mai 1772 ,Martinez de Pasqually quitte brusquement Bordeaux dans la nécessité de

     recueillir un héritage familial , s'embarque sur un navire en partance pour ST Domingue 

     aux Antilles ou il décédera deux années plus tard en septembre 1774.

    – Louis -Claude de Saint Martin, secrétaire de Martinez de Pasqually , désormais seul àL C _saint-martin.jpg

     bordeaux , se rend à Lyon sur une invitation de JBW et y reste jusqu'en avril 1776.

    – Avec JBW il organise la série des « Leçons « dites de Lyon , destinées à l'étude et 

    l'approfondissement de l'enseignement de Martinez de Pasqually 

    – Il va engager dans les Leçons de Lyon une relecture générale des enseignements 

    martinésiens à la lumière des vérités de la Révélation afin de rendre conforme la doctrine 

    de la « Réintégration « avec l'initiation chrétienne qu'il souhaitait réaliser de tous ses 

    vœux.

    3 maitres.png

     Des Elus coens à la Stricte Observance dite « Templière »

     -Désorienté par le départ de Martinez ,très inquiet par l'état de la Maçonnerie en FranceJ B W PORTRAIT.jpgORDRE DE CHEVALIERS.jpg

     consécutif au désordre généré par le conflit entre les grades écossais , demande un 

     rattachement formel à la Stricte Observance dite « Templière » par une lettre adressée au 

     Baron de Hund le 18 décembre1772.

     -JBW sera reçu Chevalier sous le nom d'Eques Baptista ab Eremo( Chevalier Baptiste du 

     Désert) ,son blason représentant un ermite portant une lance sur l'épaule et ayant pour 

     devise « Vox in déserto » ,avec douze autres membres de la loge nouvellement créée :

     « La Bienfaisance ».

    – JBW trouva dans la Stricte Observance une structure incomparable , plus stable que

     celle de l'Ordre des Élus coens. L'Ordre des Élus coens étant désorganisé , les rituels 

     toujours désespérément incomplets , les instructions inachevées ,les catéchismes manquants

     Le Régime Ecossais Rectifié 

     1- Le Convent des Gaules 

     Les décisions prises par Convent des Gaules sont à l'origine du rite ou plus exactementJB LE CONVENT.jpg

     du « Régime Écossais Rectifié « transformant en profondeur la Stricte Observance.

     Le Convent propose l'adoption du nom suivant « Ordre des Chevaliers Bienfaisants de la 

     Cité Sainte « .

     Seront publiés deux textes essentiels le « Code Maçonnique des Loges réunies de France « 

     et le Code Général de la Cité Sainte « ,constituant une Maçonnerie symbolique fondée non

     plus sur trois grades mais sur quatre conduisant à un Ordre de Chevalerie dit « Ordre Intérieur » formé des Écuyers Novices , des Chevaliers Bienfaisants de la Cité Sainte , Ordre Intérieur

     auquel était adjoint une classe secrète dite « non ostensible « de Chevaliers Profes et Grands 

     Profes .

     Le vœu de JB Willermoz , dans sa volonté de réforme et de rectification de la Stricte 

     Observance ,fut donc d'instituer un Ordre capable de répondre à l'exigence secrète de l’Évangile

     d 'édifier une authentique Chevalerie Chrétienne se fixant pour objet non la conquête des

     biens temporels , d’où son rejet des rêves chimériques de certains souhaitant que soit réédifié

     dans sa puissance initiale l'Ordre du Temple , mais que les « Pauvres Chevaliers du Christ « 

     élèvent au contraire ,un nouvel édifice en leur cœur dédié à la Gloire de l' Éternel et consacré

     à l'adoration active du Père, édifice qui puisse échapper à la vindicte du temps et à la folie 

     hommes , en étant une demeure invisible , un Temple mystique , un Tabernacle sacré éclairé 

     par la prière , un autel pur entièrement habité par l'Esprit . « Esprit « qui est le seul guide ,

     l'instructeur et le bienveillant protecteur et la divine et sainte lumière de l'Ordre des Chevaliers

     Bienfaisants de la Cité Sainte.

     2- Le Convent de Wilhelmsbad

     Une règle en neuf articles fut écrite montrant bien le lien étroit entre la pensée de Martines RER WILLERMOZ.jpg

     et le nouveau Régime Écossais Rectifié, soit la concrétisation de son projet d'accomplir la 

    transformation de la nature même de la Maçonnerie écossaise regardée selon les critères de 

    Martinez de Pasqually comme « apocryphe » en une Maçonnerie « non apocryphe » cad détentrice 

    de la doctrine de la « Réintégration ».

     L'Héritage initiatique 

     Pendant la Terreur , dans la nuit du 24 août 1793 ,son dévouement fut exemplaire ,puisqu'il

     porta dans ses bras les malades menacés par l'incendie des hôpitaux ,organisant , quasi seul

     leur évacuation .

     Avec un rare courage ,il fit de vifs reproches aux chefs de Paris .Il sera arrêté trois fois ,sa

     mort est inévitable et imminente mais un soldat chargé de sa garde impressionné par son courage 

     et sa dignité déclarera « Citoyen tu m'as l'air d'un brave homme . Sauve-toi « .Willermoz

     se cacha pendant des jours et surtout réussira à sauver les précieuses archives secrètes du 

     collège métropolitain .

     Il épousera tardivement , à l'age de 66 ans une jeune femme de 24 ans Marie Pascal avec 

     laquelle il aura trois enfants qu'il perdra tous ..L' aînée une fille morte à sept jours , le deuxième

     un garçon à l'age de sept ans et sa dernière fille morte en naissant . Il écrira pour le garçon né en

     1805 et décédé en 1812 donc à l'age de sept ans une doctrine composée de neufs cahiers 

     intitulée « Instruction particulière et secrète à mon fils pour lui être communiqué lorsqu'il 

     aura atteint l'age de parfaite virilité , si alors il se montre digne de la recevoir « Ces neufs 

     cahiers seront écrits de 1795 à 1805 et assemblés en 1818.

     Quant à son épouse, elle disparaît dix jours après son troisième accouchement à l'age de trente

     six ans.

     

     JB Willermoz quittera cette terre le 29 mai 1824 , à l'age de 94 ans .

     Il nous reste un héritage considérable en provenance de JB Willermoz dont la plus belle  réalisation , conservée par l'histoire est bien évidemment le Rite Écossais Rectifié dispensateur

     de tant de « bienfaisantes « lumières aux « âmes de désir » , ceci sans interruption depuis la 

     disparition de son fondateur .

     

     Le Rite Écossais Rectifié eut l'ambition de réformer et de « rectifier » la Franc-maçonnerie

     afin de lui transmettre ces bienfaisantes lumières de la doctrine de la réintégration « christianisée

     qui éclaire d'une manière unique ce que fut l'homme à son origine , son état actuel et sa 

    destination future .

     Le principe du Rite Écossais Rectifié est intangible et catégorique : c'est l'Ordre et non 

     une structure obédientielle qui légitime et fonde la régularité des loges et de tout le système 

     initiatique … 

     Le Rite Écossais Rectifié travaille à la réédification du vrai Temple qui n'est point fait de

     mains d'homme.....

     Le but de JB Willermoz était clair : rétablir l'unité de la Maçonnerie sur un fondement 

    initiatique véritable .

     Le système pensé par JB Willermoz repose donc sur un Ordre de chevalerie qui ne fait pas 

     que « couronner » l'édifice du Rite Écossais Rectifié , il lui confère son essence , son esprit 

     et sa vie .

     En conclusion :

    – JB Willermoz fut un génial visionnaire , doublé d' un travailleur infatigable .Il a 

     écrit à Paris en 1806 à l'age de 76 ans : « Je sais que des Frères forts occupés de leurs 

     affaires personnelles ne peuvent pas y donner beaucoup de temps ; que tous n'ont pas 

     un caractère d'écriture propre à cette destination ; et que par conséquent il est des cas

     ou il faut accorder un temps plus long ; mais je sais aussi qu'en veillant un peu plus et

     se levant plus matin , au moins quelques jours de la semaine , on avance hautement.... »

     En effet , il a eu une idée très claire : il a agencé son système le Rite Écossais Rectifié

     dans l'unique but de rendre réelles et actives les potentialités et virtualités inscrites dans

     l'être même de l'homme .

     En habit d'architecte , il a agencé les matériaux pré- existants s'inscrivant dans la 

     tradition . Alors quels sont ces matériaux ?

     1 En premier lieu les usages maçonniques de l 'époque( puis du Rite Français)

        soit :

    - La Position des colonnes J et B attribuées aux Apprentis et aux compagnons

     -L 'emplacement des Surveillants

     -Les signes aux 3 grades

     -La marche en partant du pied droit 

     -Le port de l’épée en loge pour tous les frères et bien d'autres similitudes 

     2 En deuxième source ,les usages allemands empruntés à la Stricte Observance

     dite maçonnerie rectifiée ou réformée, système maçonnico- chevaleresque:

    Institué par Charles de Hund vers 1755 ; Ce sont pour l’essentiel ,des tableaux de loges relatifs aux 4

     grades , à ne pas confondre avec les tapis de loge , comme la colonne tronquée avec Adhucstat

     et la phrase « Sic Transit Gloria Mundi «  3 En Troisième source la doctrine martinésienne que Willermoz s'est approprié

     en la synthétisant avec la tradition chrétienne .

     JB Willermoz était profondément convaincu ( l'un des rares de son époque )que la Franc- 

     Maçonnerie est porteuse de Vérité .

     En Franc-maçonnerie il est sans cesse question de quête de la Vérité , du Temple de la

     Vérité ect ….mais quelle vérité ? JB Willermoz a la certitude que la vérité détenue et 

     véhiculée par la Franc-maçonnerie n'est pas constituée de vérités partielles ,fragmentaires

     circonstancielles donc changeantes , susceptibles d'être infiniment remises en question

     mais que c'est la Vérité immuable et absolue . Bref ,que la Franc-maçonnerie détient

     la signification de la condition humaine .

     Tel a été l'unique moteur de l'existence et de l’œuvre maçonnique de JB Willermoz :

     la quête inlassable et obstinée de la vérité durant prés de 20 ans par un homme d'ordre ,de

     régularité, de moralité , de décence (sa rigidité déplaisait à certains ). Puis la découverte 

     de la vérité et enfin la diffusion de la vérité par la constitution du Rite Écossais Rectifié .

     Il faut noter que Willermoz fut souvent dénigré , critiqué jusqu'à être qualifié de 

     « tâcheron mystique « ; car il atteignit une haute spiritualité et une largeur de vue peu 

     commune, comme l'a écrit Antoine Faivre en 1973 dans le livre « l’ésotérisme au 

     XVIII ° siècle « :

     « Il se montra doué autant pour la méditation et l'illumination intérieure que pour

     l'organisation ou l'administration . La révolution faillit être fatale à son œuvre , mais

     on le considère toujours comme l'un des plus grands personnages de l'histoire 

     maçonnique . 

     

     

     

     

     

  • ORIGÈNE ET LE RITE ÉCOSSAIS RECTIFIE

     

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    PROPOS SUR ORIGENE

    INTRODUCTION :origène,rer,rectifié,reintegration des etres,pasqualy,willermoz,clement,copte,vivenza

     

    Le titre choisi de « propos sur Origène » témoigne dans cette réflexion personnelle d’une volonté particulière, bien en deçà d’un travail exhaustif, exclusivement centré sur l’alexandrin cité, dont certains, de nous bien connus, maitrisent parfaitement l’œuvre, d’essayer de mieux comprendre les raisons de la soudaine apparition sur la scène initiatique, dans le monde de l’édition, sur certains réseaux sociaux et dans quelques cercles ou cénacles d’initiés, d’un nouveau venu appelé : Origène.

     

    Pour être plus clair et plus direct, que vient donc faire ces derniers temps le dénommé Origène dans les échanges, débats et discussions parfois exacerbées entre les pratiquants du RER au sens large et au plus haut niveau ? Quelles sont causes mais aussi les conséquences d’un retour en force de cet illustre, très célèbre, peu connu, origène,rer,rectifié,reintegration des etres,pasqualy,willermoz,clement,copte,vivenzaAlexandrin, vivant il y a un peu moins de 2000, qui s’est imposé avec force jusqu’à laisser des traces visibles connues sous le vocable d’origénisme ? Est-ce un simple effet de mode, un jeu intellectuel ou un enjeu spirituel ?

    De plus, pourquoi ce rappel d’Origène chez les Rectifiés, Martinésistes, Martinistes et autres…déclenche-t-il de telles réactions ? Quel est donc l’enjeu de ce débat entre partisans et détracteurs d’Origène ? Y-a-t’il d’ailleurs un enjeu ? Qu’à donc écrit de si terrible celui qu’on pourrait qualifier de premier Théosophe, ouvrant la voie à la Réforme et à l’aurore naissance de l’illuminisme chrétien ? …En quoi son œuvre nous concerne-t-elle autant ?

     

    Ces « Propos sur Origène » vont donc tenter de répondre à ces questions en les ordonnant ainsi :

     

    -      I)  Origine

    -      II)  Origène et  Origénisme

    I -  ORIGINE :

     

    A – Préambule

    Depuis 2500 ans, les fidèles n’avaient pas d’autres choix que de débuter l’étude du volume de la Loi Sacrée par le premier verset :

    En latin : In principio creavit Deus caelum et terram

    Et/ou en Hébreux : Bereshit bara Elohim

    Ce qui signifie pour le latin « Au commencement Dieu créa les cieux et la terre » et dans la version hébraïque : « Dans le principe, les dieux créa ».

    origène,rer,rectifié,reintegration des etres,pasqualy,willermoz,clement,copte,vivenzaL’idée ainsi posée dans le premier verset de la Genèse ou de la Torah, et dans les suivants, affirmait une création de l’univers et de l’homme dans la foulée, par un acte de pur amour, donc gratuit, unique, original et originel, précédé de rien d’autre. Personne, excepté certains groupuscules d’initiés, inconnus du grand public n’allait remettre en cause cette idée fondatrice. Tel était le dogme, intransigeant par essence, intangible et irréfragable, véhiculé par les églises et dans les synagogue d’une création gratuite sous forme d’une grâce que l’on pourrait qualifier de « métaphysique de la charité » (JMV), la chair étant destinée à être spiritualisée dans la résurrection des corps.

    La création n’est pas une nécessité ni un acte nécessaire, elle n’a été imposée par rien ni par personne. C’est un acte de pleine liberté du Tout Puissant qui fait, dès l’origine, un corps de chair à Adam. Ce dernier ayant commis un péché, après sa création est exclu du Paradis Terrestre, avec sa complice. « La chair est le pivot du salut » écrivait Tertullien en l’an 200.

    Mais la providence veillait sur ses enfants. Elle en missionna deorigène,rer,rectifié,reintegration des etres,pasqualy,willermoz,clement,copte,vivenza nombreux depuis la venue au monde de l’humanité pour allumer si nécessaire les flambeaux de l’éternelle vérité qui, bien sûr, « ne demande pas mieux que de faire alliance avec l’homme »…

     

     Plus près de nous, la sagesse à l’œuvre inspira un traité original et une double rectification nécessaire…par un triple mandatement !

     

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    B- Un Traité original

    Après de nombreuses péripéties et plusieurs éditions fragmentées débutant par celle dite « de Matter » en 1899, c’est en 1995, sous la houlette bienfaisante de Robert Amadou que parut dans sa version définitive le «Traité sur la Réintégration des Etres »

    Cet incroyable document avait circulé sous le manteau depuis 1772, sous forme de catéchisme réservé aux émules de l’instigateur de ce traité : Martinez de Pasqually. Ce traité n’était pas destiné à être connu du grand public et encore moins destiné à être publié et édité, mais la providence en avait décidé autrement. Ainsi s’ouvre au lecteur incrédule qui a achevé la longue et difficile introduction de Robert Amadou, le texte de Martinez de Pasqually rédigé par son deuxième secrétaire Louis Claude de Saint Martin, lui-même :

    « Avant le temps, Dieu émana des êtres spirituels pour sa propre gloire, dans son immensité Divine. Ces êtres avaient à exercer un culte que la divinité leur avait fixé…ces premiers êtres ne peuvent nier ni ignorer les conventions que le Créateur avait faites avec eux…puisque c’était sur ces conventions seules qu’était fondé leur émanation. » Et pendant 350 pages le fondateur des Chevaliers Maçons Elus Coën de l’univers va nous détailler, expliquer et démontrer une création de l’homme et de l’univers bien différente de celle proposée par les autorités religieuses judéo-chrétiennes. Pour appuyer et donner force à ce texte, le schéma appelé « Figure universelle » y sera joint. Ce simple document illustre autant la chute que le retour, bouscule l’ordre établi et remet en cause tout ce qui avait été dit, lu et entendu comme étant l’unique vérité.

    Ce traité, base des rituels pratiqués par les Elus Coën posait pourtant, depuis ses premières éditions, un problème majeur et de taille. Si l’on ne savait rien ou presque rien de son auteur, il en était de même concernant la source originale de ce texte.

    Robert Amadou dans son introduction s’efforce bien de rechercher des traces antérieures, mais sans résultat probant. L’origine de ce midrach restait mystérieuse et inconnue. Ceci étant d’autant plus étrange que ce texte va inspirer en 1778, la création d’un nouveau rite maçonnique, le Rite Ecossais Rectifié…et son Régime !origène,rer,rectifié,reintegration des etres,pasqualy,willermoz,clement,copte,vivenza

    C – Une double rectification nécessaire.

     

    La première rectificationqui va presque s’imposer d’elle-même c’est celle de la création du RER et de son Régime par Jean Baptiste Willermoz en 1778 et 1782, lors des deux convents, celui des Gaules et celui de Wilhelmsbad.

    En 1767, Jean Baptiste Willermoz, maçon dans l’âme et toujours déçu par l’absence de réalité des grades que la franc maçonnerie distribue, est reçu par Martinez de Pasqually, lui-même, au sein de l’Ordre Coën dans son Temple de Versailles, le Tribunal Souverain. Cette initiation en théurgie opérative et cérémonielle va marquer pour toujours le Lyonnais qui restera proche de Martinez de Pasqually en participant à l’ouverture de nombreux temples, de type Coëns .

    Mais en 1772, le chef de file des Elus Coën part pour Saint Domingue et ce départ sans retour va imposer à Jean Baptiste Wuillermoz de passer à l’action. Pendant deux ans, il va, avec Saint Martin et J.J. d’Hauterive, élaborer un programme d’instruction pour les Elus Coën. En fait ce programme connu sous le vocable « des Leçons de Lyon » va poser les bases du RER en christianisant le texte du Traité, en imprimant le sceau de la Croix du Réparateur là où elle n’était pas.

    origène,rer,rectifié,reintegration des etres,pasqualy,willermoz,clement,copte,vivenzaEt ce rite Ecossais rectifié va ainsi intégrer les éléments présents dans le traité, en « épurant et purifiant » certains, nous faisant passer ainsi d’un Traité à la Doctrine de la Réintégration, conservée par ce qu’il convient d’appeler le H. et St Ordre.

     

    La deuxième rectification, plus près de nous, est celle qui va intervenir dans le monde de l’édition maçonnique initiatique au sens large en 2006. Cette rectification, c’est la publication d’un livre intitulé « le Martinisme, l’enseignement secret des Maîtres » le 23/03/2006 par Jean Marc Vivenza.origène,rer,rectifié,reintegration des etres,pasqualy,willermoz,clement,copte,vivenza Pendant 270 pages, l’auteur va nous préciser un certain nombre de concepts, expliquer des termes parfois obscurs ou un peu abscons. Plusieurs appendices nous livrent de nombreuses analyses philosophiques, métaphysiques, ontologiques, et initiatiques, du plus grand intérêt pour les cherchant …et à tous les grades…

     Pourtant le point d’orgue de ce véritable chef d’œuvre de la pensée illuministe contemporaine se situe entre les pages 206 et 210.

    Là, pour la première fois, depuis 250 ans J.M.Vivenza lève le voile sur le mystère de l’origine du traité et donc, sur l’origine des racines du RER…et de la source commune aux 2…on peut ainsi lire  P. 206 : 

    « Un seul Père, Origène, hautement loué à sa mort, semble défendre en de nombreux points et à plusieurs égards, des positions voisines de Martinez… Il appert donc à l’examen que la doctrine de Martinez relève d’une très étroite parenté avec l’origenisme, et peut même être regardé comme l’une de ses formulations depuis le 18ème s. les plus fidèles et les plus abouties … » Voilà qui est clair, net, et précis !

    Toutes ces lignes sont bien sur complétées et détaillées par ce que l’auteur nomme «  la doctrine d’Origène »…incroyable révélation !

    Le Traité, comme le RER, participe donc d’une Doctrine commune, maintenant identifiée, véhiculée par la Providence, hasard ou destinée, conservé par le H. et St Ordre, accessible aux H. de Désir, la Doctrine d’un Christianisme Primitif et Transcendant, non ecclésial.

    Les conséquences de ces affirmations sont absolument fondamentales .Cette similitude d’analyse et de points de vue va d’abord donner  encore plus de crédit ce Rite mais va, aussi et surtout, confirmer son caractère de voie de réalisation pleine et entière, caractère non apocryphe, souligné J.M. Vivenza , du fait de sa nature spirituelle  chrétienne et parce qu’il est «  le détenteur de la Sainte Doctrine, héritier de la filiation du H. et St Ordre »…

    Ce rite est donc bien «  la science de l’Homme », dans lequel son rédacteur de génie, par une douce propédeutique, va transférer les éléments du Temple, a L’Homme, qui est invité a passer du Porche au Sanctuaire ! Difficile de faire mieux, en Maçonnerie : tout est là !

     

    A ce stade de nos propos, se pose alors et enfin la question centrale et attendue : qui était Origène et qu’en est-­il de cette doctrine, qui a tant fait parler d’elle et couler beaucoup d’encre ? Quels sont ces éléments communs qualifiés d’hérétiques par certains et tant respectés par d’autres ? Quelle est donc, en fait, cette « pensée universelle et intemporelle » …qui a bien plus que 2000 ans… ?

    II)  ORIGENE

     

    A L’Ecole d’Alexandrie

    C’est en 180, âpres la naissance de notre Divin Réparateur, que Pantène, le Patriarche de la ville d’Alexandrie, en Egypte, aux bords de la Méditerranée, va mettre en place et instituer une école théologique, connue sous le nom d’école d’Alexandrie. Vont s’y agréger pendant 300 ans, des Pères de l’Eglise, des penseurs, des philosophes  des mathématiciens, et des théologiens. Le centre de l’école était bien situé à Alexandrie mais recouvrait plusieurs courants de pensée  centrés sur l’étude de la Bible, des Evangiles, sur la vie du Christ, de sa naissance virginale à sa Résurrection…Christianisme primitif donc !

    L’influence marquante de ces penseurs sera qualifiée de Néoplatonisme, cad croisement réussi de la pensée Occidentale et Orientale, cad développement par des philosophes théologiens  non Occidentaux de la pensée de Platon, qui tentaient de concilier sa philosophie  avec certains courants de la spiritualité Orientale.

    Le 1er Alexandrin qui va s’imposer dans cette école c’est Clément d’Alexandrie. Son successeur sera Origène, entre l’An 220 et 250, dont le 1er disciple, St Grégoire de Nysse qui, professant la même doctrine sans être condamné, passera à la postérité en nous transmettant entre autre, une éblouissante Homélie sur le « Cantique des Cantiques », transformant ce texte, d’un vague soupir amoureux en un incroyable envol mystique et métaphysique digne du voyage du (de la) Simorgh du célèbre Illuminé Iranien : Sohrawardi.

     

    B La doctrine d’Origène

    L’œuvre d’Origène est considérable : Commentaires sur l’Ecriture Sainte, Exégèses, Homélies, Controverses, Apologies, Exhortations…

    mais c’est dans le Péri Archon , traduit par «Traité des Principes », comme le souligne et l’écrit parfaitement J.M.Vivenza , qu’ Origène soutiendra, comme le fait Martinez dans le Traité, que la Création ne relève pas d’une libre décision mais fut le résultat et la conséquence d’un bouleversement négatif survenu dans le monde Divin puisque  tous les êtres matériels sont des substances intellectuelles déchues..

    « Les Ames, a cause de l’excessive déchéance de leur intelligence, ont été enfermées dans des corps épais et compact : c’est pour elles, a qui cela était désormais nécessaire, que ce monde visible a été crée » Origène affirme donc en l’an 230 qu’il existait un monde spirituel dans lequel Dieu avait émané des Ames …que ces Ames avaient fauté …que par nécessité , il fallait les éloigner et les chasser en les enfermant dans un monde matériel , crée à cet effet …que Adam sera lui-même pourvu d’un corps de matière et recouvert de peau …

     

    Pour Origène, la création est un acte d’amour pour donner une 2eme chance a sa créature …qui devra chercher le chemin du retour, à son origine …mais c’est un acte d’Amour qui suit une nécessité et non pas un acte gratuit ! La nécessité a fait force de loi, en quelque sorte …C’est ce que disent et écrivent, très exactement, Martinez de Pasqually, dans un incroyable flot de précisions très détaillées, forçant l’admiration mais aussi J.B.Willermoz (l’union incompréhensible du corps/âme/esprit) .Et c’est à quoi vont s’opposer avec toute l’énergie possible toutes les églises, diverses et variées !

     

    Pour Origène, c’est la création qui est une chute, une descente «  un mouvement descendant du supérieur vers l’inférieur » Les Ames fautives se sont «  refroidies », se sont matérialisées .Elles ont reçues un corps en dégénérant, cad en changeant d’état. Elles ont fauté et « Dieu fit a l’Homme et à la femme des tuniques de peau » Genèse 3/21. Certains Etres Spirituels émanés sont aujourd’hui prisonniers de ces corps grossiers, finis et limités…l’ensomatose.

    Pour Origène encore « les Ames abandonneront les corps qu’elles avaient assumés et dont elles avaient été revêtues .L’état final sera donc incorporel. Toute la matière sera abolie. La création toute entière sera libérée de la servitude matière » C’est ce que Martinez nomme réintégration finale et Willermoz développe individuellement dans sa formule « ascendit unus…»…parfaite identité de points de vue, d’analyse et de conclusions…Mais d’où Origène, lui-même, tenait-il cet enseignement, cette doctrine, cette incroyable proposition ?

    Proposition personnelle issue de son imagination ?...pas du tout !!!

    C’est dans l’étude des textes de la Bible , ancien et nouveau Testament que Origène , déjà influencé par Platon ( monde des idées, et migrations des âmes, par ex ; ) va véritablement mettre en lumière l’Ecriture par une méthode bien spécifique : s’il y a un monde de la chair et du corps , il y a aussi un monde spirituel …et donc plusieurs niveaux de lecture …sens et interprétations littérales , allégoriques , spirituels , mystiques…Cette manière de lire pour découvrir la perle cachée du texte , que Origène va utiliser pour illuminer l’Ecriture est aussi son 2eme legs : une redécouverte des textes et une méthode Initiatique , qui n’a besoin d’aucun code pour protéger ses documents, ou ses Rituels…et c’est en opérant ainsi que Origène , a la lecture de la fondation du monde chez Mathieu , Luc et Jean, va inscrire sa doctrine , Doctrine d’émanation , et de réintégration…

    Ce 2eme legs, cette méthode de lecture, sera logiquement complété par un 3eme : la conviction d’une réalité d’un Christianisme transcendant, cad d’un Christianisme Intérieur…Intime… : ce sera les bases de l’Interne St Martinien, de la Voie Interne de St Martin !

    On comprend mieux alors, toute l’importance de cette mise a jour, de ce retour d’Origène pour les cherchant du RER…bien que Origène ait été mis en cause, et condamné depuis 325 jusqu'à aujourd’hui !

     

    C Origénisme 

    Des 325, le concile de Nicée en posant les bases dogmatiques de la croyance, de la Foi catholique, de la lecture ecclésiale des textes va condamner de fait la doctrine d’Origène .Mais c’est surtout en 553, au concile de Constantinople qu’une grande partie de cette doctrine est qualifiée d’hérétique en 15 anathématisme, sans appel !

    Il faudra attendre 1965 et Vatican II pour que Origène soit réhabilité en partie et attendre que des Hommes de grandes qualités , comme le Cardinal Daniélou reprennent a leur compte les écrits de l’Alexandrin…Pourtant , aujourd’hui encore , l’église et surtout ses défenseurs , Occidentaux et Orientaux , refuse l’idée centrale d’une émanation précédant la création , conséquence d’une révolte des 1ers pervers et d’Adam, émancipé puis éjecté, ayant prévariqué par orgueil et désobéissance, dans la matière corruptible de corruption.

    C’est pourtant cette idée centrale d’une matière destinée à disparaitre, sans aucune chance d’être spiritualisée, qui va présider

    a l’élaboration du Traité et du RER. L’Homme est assigné à résidence et va devoir opérer un culte différent de celui d’Adam :

          Expiation, purification, réconciliation et sanctification…          

     Tels sont les 4 temps de l’œuvre, pour les Hommes et Femmes de Désir, emprisonnés dans la création, délimitée par l’Axe Feu Central.

     

    Le débat anti-origéniste contemporain n'est pas nouveau. Jacques Merlin, grand pénitencier de Notre-Dame de Paris, publia une Apologie d'Origène en 1512. La faculté de théologie tenta en vain, de 1522 à 1527, de faire condamner cette Apologie. Elle soutiendra alors un ouvrage qui attaquait et dénonçait Jacques Merlin comme un hérétique… lui aussi !

    La question qui se pose aujourd’hui, à la lumière de ces éclairages sur Origène et son omni présence dans le Traité et dans le Rectifié, puisqu’il y a de grandes chances que J.B.Willermoz ait lu une traduction de ses œuvres complètes, est la suivante : comment concilier l’appartenance à une Eglise et la pratique de ses dogmes imposées, avec l’appartenance au RER ? Et si on pousse la logique, comment concilier la pratique Martiniste issue de St Martin avec l’Eglise, puisque tout l’Illuminisme, J.Boehme , St Martin et bien d’autres sont en fait des « continuateurs et des développeurs »de la pensée D’Origène , que l’Eglise rejette ?Voilà peut être ce qui divise !

    St Martin, rédacteur du Traité, bouleversé  par la lecture de J.Boeme, n’est ­il pas l’inventeur, le découvreur de la voie Interne , issue directement du Christianisme Intérieur d’Origène, l’hérétique ?

    Ne faut-­il pas être logique, et en accord avec soi même ? Surtout en relisant J. de Maistre : «  La vraie religion naquit le jour que naquirent les jours » et Eckartshausen, le père de l’Eglise intérieure « Dans notre Sanctuaire, qui est le plus intérieur, tous les mystères de l’Esprit et de la Vérité y sont conservés purement…ce Sanctuaire est invisible »

     

    Christianus…In Ordine ...Eques a Caritate Christi